Mortalité par cause médicale : quels sont les chiffres en France ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Un nouveau Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) vient d’être publié : il concerne la surveillance de la mortalité par cause médicale en France à l’aide des données du volet médical du certificat de décès et du bulletin d’état civil de décès. Un de ses articles présente une description des données de mortalité par cause en 2016 et leur évolution entre 2000 et 2016.

En 2016, 579.230 personnes domiciliées en France métropolitaine sont décédées, avec une proportion quasiment identique d’hommes et de femmes :

  • Les tumeurs représentaient 29,0% des décès avec une surmortalité masculine retrouvée pour tous les cancers, à l’exception du cancer du sein. La surmortalité masculine par cancer était la plus forte pour les cancers des voies aéro-digestives supérieures (VADS), avec un sex-ratio de 4,6, et la plus faible pour le cancer du pancréas (ratio 1,3). Les cancers du poumon, des bronches et de la trachée représentaient 18,8% des décès par tumeurs.
  • Les maladies cardiovasculaires étaient responsables de 24,2% des décès : l’écart de taux standardisé entre hommes et femmes était peu marqué pour les maladies cérébrovasculaires, contrairement aux cardiopathies ischémiques qui sont plus fréquentes chez les hommes (sex-ratio 2,6).
  • Les accidents étaient responsables de 4,6% des décès, sachant que les décès par accident de transport étaient à 75% masculins tandis que les décès par chutes accidentelles étaient plus nombreux chez les femmes.
  • Le suicide était responsable de 1,5% des décès (les trois quarts chez les hommes).

Globalement, le taux de mortalité toutes causes a diminué depuis les années 2000, vraisemblablement grâce aux avancées aussi bien en termes de prévention que de prise en charge et de traitement des maladies. Cependant, il existe une augmentation des taux moyens de mortalité pour certaines catégories de décès. Si on compare les périodes 2000-2007 et 2008-2016 :

  • Pour les hommes, il a été observé une augmentation du taux de mortalité sur la période 2008-2016 par rapport à la période 2000-2007 pour les cancers du cerveau et du système nerveux central, les mélanomes, le cancer du pancréas et les démences.
  • Pour les femmes, il a été observé un taux de mortalité supérieur sur la période 2008-2016 pour le cancer des poumons, des bronches et de la trachée, les maladies du rein et de l’uretère, le cancer du pancréas, les démences et les cancers du cerveau et du système nerveux central.
  • Pour les 2 sexes, il a été observé une baisse de la mortalité pour le sida et le VIH, les accidents de transport ainsi que les cardiopathies ischémiques et les maladies cérébrovasculaires.

Comme le signale l’article, l’augmentation, dans les 2 sexes, de la mortalité par cancer du système nerveux central « pose question dans le contexte de l’essor des technologies liées aux ondes radiofréquence ». On peut également s’étonner de l’augmentation de la mortalité par cancer du pancréas malgré la baisse, chez les hommes, du principal facteur de risque connu qui est le tabagisme. En revanche, l’augmentation des cancers du poumon, des bronches et de la trachée chez les femmes s’explique par un effet retardé de l’augmentation de leur consommation tabagique qui a débuté dans les années  60. Enfin, la mortalité par mélanome augmente chez l’homme et reste stable chez la femme alors que les méthodes permettant sa prévention sont connues. La sensibilisation du public devrait permettre une diminution de l’incidence et de la mortalité par mélanome et autres cancers de la peau.