Monothérapie par dolutagrévir : parution des résultats négatifs de l’étude MONCAY


  • Caroline Guignot
  • Actualités médicales
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À retenir

  • Si la monothérapie par dolutagrévir n’était pas non inférieure à la trithérapie à 24 semaines, un suivi à 48 semaines montrait un taux supérieur d’échecs thérapeutiques dans le premier groupe, associée à l’émergence de résistance virale.

  • Le dolutagrévir ne peut être envisagé comme monothérapie, même chez des patients hypersélectionnés.


 

En 2015, la faisabilité d’une monothérapie anti-VIH par dolutagrévir alimentait beaucoup d’espoir. Cette opportunité est définitivement écartée. L’étude MONCAY qui a été présentée lors de la 22 e Conférence mondiale sur le VIH/sida l’été dernier, fait partie des arguments ayant participé à cette conclusion : elle a en effet décrit un taux d’échec thérapeutique de 9,7 % à 48 semaines et la sélection de mutations de résistance chez certains patients, alors que ses résultats à 24 semaines ne présentaient pas de tels signaux. Cette étude est parue in extenso début janvier dans le Clinical Infectious Diseases .

Pour mémoire, cette étude multicentrique française avait cherché à évaluer si des patients ayant une charge virale indétectable sous trithérapie dolutagrévir/abacavir/lamivudin (DTG-ABC-3TC) depuis 12 mois pouvaient bénéficier d’un allègement de traitement et passer sous monothérapie par dolutagrévir.

Une cohorte de 158 patients avait ainsi été randomisée entre les deux bras (1:1), traitée et suivie durant 48 semaines. Alors que les données à 24 semaines s’étaient montrées encourageantes, avec aucune différence entre les deux groupes en termes de charge virale indétectable, le suivi à 48 semaines a mis en évidence des signaux imposant l’arrêt de l’étude et le retour de tous les patients sous trithérapie. En effet, 7 des 78 patients placés sous monothérapie étaient en échec virologique contre 0 parmi les 80 sujets sous trithérapie. Par ailleurs, 2 présentaient une résistance virale. Tous ont été retraités par la trithérapie et ont pu être à nouveau retrouver une charge virale indétectable.

Cette étude a été précédée par quelques autres – dont l’étude DOMONO – qui ont décrit ces mêmes observations. L’étude MONCAY présente l’avantage d’avoir inclus une cohorte plus nombreuse et de montrer qu’un recul suffisant est indispensable avant de valider une nouvelle alternative thérapeutique. Elle confirme finalement les conclusions du  rapport d’expertise sur la prise en charge du VIH  ui résume que « la puissance et la barrière génétique de la monothérapie par dolutégravir sont insuffisantes pour permettre son utilisation en monothérapie de maintenance. Le switch par monothérapie de dolutégravir n'est pas recommandé. »