MONALEESA-7 : le ribociclib augmente l’espérance de vie des femmes souffrant de cancer du sein avancé HER2 négatif

  • N Engl J Med

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Les résultats intermédiaires de l’étude MONALEESA-7, portant sur la survie globale viennent d’être publiés dans le News England Journal of Medicine. Ceux-ci montrent une amélioration significative de la survie globale chez les femmes atteintes de cancer du sein avancé, HER négatif exprimant des récepteurs hormonaux et traitées par ribociclib en plus d’un inhibiteur de l’aromatase ou du tamoxifène. Le bénéfice de l’ajout du ribociclib à un traitement endocrinien était une diminution substantielle de la mortalité estimée à 42 mois d’environ 30% par rapport à un traitement endocrinien seul. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

De précédentes analyses avaient montré que l’ajout d’un inhibiteur CDK4/6 (le ribociclib administré par voie orale) à un traitement endocrinien chez des femmes pré-ménopausées ou péri-ménopausées souffrant de cancer du sein avancé HER2 négatif améliorait de manière significative la survie globale. 

Méthodologie

MONALEESA-7 est un essai de phase 3, international, randomisé, mené en double aveugle, contrôlé versus placebo. Les patientes incluses dans cette étude ont été randomisées (1:1) entre un bras ribociclib (600 mg par voie orale une fois par jours durant 21 jours consécutifs suivis de 7 jours sans prise) et un bras placebo. Toutes les patientes recevaient en plus un traitement endocrinien (goséréline 3,6 mg en SC à J1 tous les 28 jours, et une prise orale quotidienne continue soit d’un inhibiteur des aromatases (létrozole 2,5 mg ou anastrozole 1 mg), soit de tamoxifène 20 mg).

Principaux résultats

Au total, 672 femmes ont été incluses dans les analyses en intention de traiter (335 dans le groupe ribociclib et 337 dans le groupe placebo). La durée moyenne de suivi était de 34,6 mois. La durée médiane d’exposition au ribociclib était de 2 ans, et la durée médiane d’exposition au placebo de 1 an.

Au cours de l’étude, 24,8% des femmes sont décédées dans le groupe ribociclib et 32,3% dans le groupe placebo. Les femmes qui avaient reçu le ribociclib en plus de leur traitement endocrinien ont bénéficié d’une augmentation significative de la survie globale par rapport à celles qui avaient reçu un traitement endocrinien seul. En effet, la survie globale estimée à 42 mois était de 70,2% [63,5-76,0] dans le groupe ribociclib et de 46,0% [32,0-58,9] dans le groupe placebo, soit une diminution de la mortalité de 29%, (Hazard ratio 0,71 [0,54-0,95], p=0,009).

La survie globale estimée à 42 mois chez les patientes qui recevaient un inhibiteur de l’aromatase était de 69,7% dans le bras ribociclib et de 43,0% dans le bras placebo, soit une diminution de la mortalité similaire à celle de la population globale, c’est-à-dire, tous traitements confondus (HR 0,70 [0,50-0,98]). Pour les femmes traitées par tamoxifène, la survie globale estimée à 42 mois était de 71,2% dans le bras ribociclib et de 54,5% dans le bras placebo, soit un HR de 0,79 [0,45-1,38].

Les événements indésirables étaient cohérents par rapport à ceux identifiés dans les analyses précédentes, avec des événements indésirables de grade 3 et 4 à type de neutropénie (63,5% sous ribociclib vs 4,5% sous placebo), des toxicités hépatobiliaires (11%vs 6,8%) et un intervalle QT prolongé (1,8%vs 1,2%).

Financements

Étude financée par Novartis.