Molluscum contagiosum : dans le doute, abstiens-toi
- Caroline Guignot
- Résumé d’article
À retenir
Seul l’imiquimod crème 5% a fait l’objet de plusieurs études randomisées dans le traitement des lésions liées à Molluscum contagiosum chez le sujet immunocompétent : leur méta-analyse a abouti à une balance bénéfice-risque jugée défavorable. D’autres options thérapeutiques ont fait l’objet d’études de qualité insuffisante et ont abouti à des résultats peu probants. En particulier, la destruction physique (cryothérapie) n’a pas été correctement évaluée. La guérison naturelle reste donc la méthode la plus appropriée dans cette affection, même si les raisons sociales, esthétiques ou le risque de transmission peut inciter au traitement de ces lésions.
Pourquoi est-ce important ?
- Molluscum contagiosum est une infection cutanée fréquente chez les enfants européens. Ce poxvirus est responsable de lésions cutanées bénignes capables de disparaître spontanément après plusieurs mois mais la demande de soins associée est fréquente pour des motifs sociaux, esthétiques ou pour limiter le risque de transmission. En pratique, peu de traitements ont fait leur preuve.
- Après la première revue Cochrane dédiée au sujet en 2006, et réactualisée en 2009, une nouvelle méta-analyse a été conduite et publiée en mai 2017 motivée par la publication récente de nouveaux essais cliniques. Elle montre que le niveau de preuve reste modéré à faible et que, sur la base de l’existant, il n’est pas recommandé de prescrire l’imiquimod dans le traitement de ces lésions cutanées, a fortiori devant un risque accru d’évènements secondaires sur le site d’application.
Principaux résultats
- L’imiquimod crème 5% (4 études cliniques randomisées) n’était pas plus efficace à court, moyen ou long terme que l’excipient appliqué seul. La fréquence des évènements indésirables était similaire dans les deux groupes (preuves de haute qualité), mais les réactions au site d’application étaient plus fréquentes sous imiquimod (risque poolé : 11%, preuves de qualité modérée).
- Les autres études cliniques randomisées recensées étaient associées à un faible niveau de preuve (1 ou 2 études de petite taille) et concluaient notamment à la supériorité du peroxyde de benzoyle crème 10% sur la trétinoïne 0,05%, et du nitrite de sodium 5% associé à l'acide salicylique 5% sur l'acide salicylique seul.
- Les données concernant les comparaisons suivantes étaient de plus faible qualité et mettaient en lumière une supériorité moins établie de l’hydroxyde de potassium 10% sur une solution saline, de Calcarea carbonica sur le placebo, ou de la povidone iodée 10% et acide salicylique 50% sur l’acide salicylique seul.
Méthodologie
La revue et méta-analyse Cochrane a reposé sur une analyse de la littérature parue jusqu’en juillet 2016. Au total, elle a inclus 22 études (20 étudiant la voie topique), soit 1.650 patients principalement suivis en ambulatoire.
Malheureusement, l’accès à l’intégralité de cet article est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d’un compte.
Vous avez atteint la limite d'articles par visiteur
Inscription gratuite Disponible uniquement pour les professionnels de santé