Moins de risque de diabète de type 2 grâce à la consommation de céréales complètes : est-ce vrai ?

  • Hu Y & al.
  • BMJ
  • 8 juil. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Une étude publiée dans le British Medical Journal met en évidence sur la base de 3 cohortes qu’une consommation importante de céréales complètes – céréales du petit déjeuner, gruau, pain noir, riz brun, son ajouté et germe de blé - est associée de manière significative à un moindre risque de diabète de type 2. En revanche, la consommation excessive de pop-corn (une portion par jour et plus) est associée à une augmentation du risque de diabète de type 2.

Pourquoi ces résultats sont intéressants

Cette étude s’intéresse à des sous-catégories d’aliments complets pas toujours pris en considération dans d’autres études.

Méthodologie

Les données de trois cohortes prospectives – Nurses’ Health Study (1984-2014), Nurses’ Health Study II (1991-2017), et Health Professionals Follow-Up Study (1986-2016) - soit 158.259 femmes et 36.525 hommes, ont été analysées. Les participants renseignaient par auto-questionnaire la survenue d’un diabète de type 2 incident ou non. La consommation totale de céréales complètes des individus des trois cohortes a été mesurée par questionnaire semi-quantitatif d’évaluation de la fréquence de consommation alimentaire : les individus ont ainsi été classés en cinq groupes égaux de portions par jour. 

Principaux résultats

Au total, 18.629 individus ont déclaré un diabète de type 2 durant le suivi moyen de 24 ans. À l’inclusion, les sujets qui avaient la plus forte consommation de céréales complètes étaient plus susceptibles d’être d’origine caucasienne, d’être un peu plus âgés,, d’être en meilleure forme physique (plus actifs physiquement, meilleur équilibre alimentaire, plus fin, moins d’hypertension, …), de prendre des complexes multivitaminiques et ils étaient moins susceptibles d’être fumeurs.

Après ajustement à l’IMC (Indice de masse corporelle) et aux autres facteurs de risque de diabète en lien avec le style de vie, les analyses ont montré que les plus gros consommateurs de céréales complètes avaient 29% de risque en moins de développer un diabète par rapport à ceux qui en consommaient le moins. 

Le risque de développer un diabète était réduit de 19% et 21% respectivement pour les personnes qui consommaient une portion ou plus par jour de céréales complètes froides pour le petit-déjeuner et du pain aux céréales complètes respectivement, par rapport à ceux qui en consommaient moins d’une portion par mois. En revanche, la consommation d’une portion ou plus par jour de pop-corn augmentait le risque de diabète de type 2 de 8% par rapport à ceux qui en consommaient moins d’une portion par mois.

Des tendances similaires ont été retrouvées pour la consommation de deux portions ou plus par semaine versus la consommation de moins d’une portion par mois de gruau (-21% de risque de diabète de type 2), de riz brun (-12%), de son ajouté (-15%) et de germe de blé (-12%).

L’association entre consommation totale élevée en céréales complètes et faible risque de développer un diabète de type 2 était plus forte chez les sujets maigres que chez ceux en surpoids ou obèses. En revanche, les associations n’étaient pas influencées par l’activité physique, les antécédents familiaux de diabète ou le statut tabagique.

L’association dose-réponse entre la consommation en céréales complètes et le risque de diabète n’est pas linéaire et atteint un plateau à 2 portions ou plus par jour pour les céréales complètes dans leur globalité et d’une demi-portion par jour si l’on considère spécifiquement les céréales du petit déjeuner (à consommer froides) et le pain complet. Pour la consommation de pop-corn, l’association vis-à-vis du risque de diabète de type 2 augmentait significativement à partir de la consommation d’une portion par jour.

Limitations

Certains facteurs de confusion ont pu ne pas être considérés. La mesure par questionnaire semi-quantitatif reste une mesure imprécise de la consommation alimentaire.