Moins de nicotine dans les cigarettes : des médecins s’opposent !


  • JIM Vu par vos patients
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L'arsenal de la lutte anti-tabac, de la hausse des prix à un meilleur remboursement du sevrage en passant par le paquet neutre et de régulières campagnes de prévention, n'a donné que des résultats mitigés. Pour lutter contre ce fléau, les Etats-Unis prévoient d'adopter une nouvelle stratégie, annoncée récemment par la Food and drug administration (FDA): réduire les taux de nicotine dans les cigarettes à des niveaux « qui ne rendent pas dépendants ». « Aux États-Unis 90% des fumeurs ont commencé avant 18 ans, et chaque jour, près de 2.500 jeunes s'initient au tabac. Baisser les taux de nicotine pourrait éviter de rendre dépendantes les générations futures et permettre aux fumeurs accros d'arrêter la cigarette », a expliqué la FDA dans un communiqué. L'initiative semble louable et a le mérite d'innover. Pourtant des voix s'élèvent déjà pour critiquer une fausse bonne idée.

D'après le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière (Paris), « la FDA fait le contraire de ce qu'il faudrait. Un jeune qui fume sa première cigarette est rapidement pris de nausée car son corps n'est pas habitué à la nicotine. Mais si l'industrie réduit la dose de nicotine, hautement addictive, l'organisme du jeune acceptera plus facilement cette première cigarette ». En somme, introduire sur le marché la cigarette adoucie en nicotine serait contre-productif, facilitant l'entrée dans le tabagisme. Autre argument avancé: les fumeurs déjà dépendants auront tendance à « tirer » davantage sur cette nouvelle génération de cigarettes ou en consommer davantage pour compenser leur manque de nicotine. Au final, l'opération pourrait même s'avérer profitable pour les industriels du tabac qui vendront plus de produits à faible taux de nicotine. D'ailleurs la réaction des cigarettiers à l'annonce de la FDA, saluant un « pas important » dans le développement d'une nouvelle politique de régulation, met la puce à l'oreille. Les experts s'étonnent d'autant plus de cette décision que l'OMS explique depuis 2006 que les cigarettes dites « light » n'offrent « aucun bénéfice sanitaire par rapport aux cigarettes ordinaires ».