Mise au point et préconisations sur l’herpès génital au cours de la grossesse

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Une expression clinique classique

  • L’expression clinique de l’herpès génital ne semble pas spécifique durant la grossesse.

  • Les herpès HSV1 et HSV2 peuvent donner des manifestations orofaciales, anales et génitales. Dans 75% des cas, les infections symptomatiques liées à HSV2 s’expriment à travers des lésions cutanées ou génitales, mais elles peuvent aussi donner des signes atypiques (urétrites, cystites, méningites...). Le HSV2 est plus souvent associé à un risque de récurrences symptomatiques.

  • L’examen clinique recherchant une poussée herpétique génitale est associé à une valeur prédictive négative de 96% et une valeur prédictive positive de 81%. En cas de positivité, il est donc recommandé d’établir un diagnostic précis reposant sur une confirmation par PCR.

Prévalence lors de la grossesse et de l’accouchement

  • La majorité des femmes enceintes ont déjà été en contact avec un virus de l’herpès avant leur grossesse (HSV1 la plupart du temps). Le plus souvent, les infections génitales sont liées à HSV2, mais celles dues à HSV1 augmentent régulièrement.

  • Il n’existe pas d’études dédiées à la prévalence des lésions de primo-infection constatées lors de l’accouchement. En revanche, le risque de lésions lors de l’accouchement serait de 36% lorsque l’infection initiale a été contractée durant la grossesse, et de 14,3% lorsque des récurrences herpétiques génitales ont eu lieu au cours des neuf mois.

Complications maternelles et risques liés aux infections congénitales

  • Les hépatites herpétiques liées à une primo-infection de la femme enceinte sont rares mais potentiellement mortelles ; elles sont associées à une leucopénie, une thrombopénie et une cytolyse inexpliquées qui justifient l’investigation clinique. Les encéphalopathies herpétiques sont également rares et peu décrites dans la littérature. Le plus souvent, elles se manifestent par une crise convulsive initiale, à différencier de la crise d’éclampsie.

  • Si le risque de fausses couches ne semble pas associé à l’infection HSV, celui d’accouchement prématuré serait établi, notamment en l’absence de traitement. Enfin, les fœtopathies sont exceptionnelles et sont indifféremment liées aux virus HSV1 et 2, quelle que soit la présentation clinique.

Séroconversion et modes de prévention

  • Le risque de séroconversion durant la grossesse serait compris entre 1 et 5%, mais pourrait atteindre 20% en cas de partenaire infecté. Ce risque est accru pour les sujets en couple depuis peu et en cas d’infection par une autre IST.

  • Aucune politique de dépistage systématique n’est pour l’heure recommandée, étant donné les difficultés liées à une telle approche, nécessitant notamment un dépistage simultané des deux membres du couple, et alors que les cas d’herpès néonataux sont très rares. En conséquence, la prévention de l’infection au cours de la grossesse repose, en cas de conjoint séropositif, sur l’abstinence de rapports sexuels et bucco-génitaux en cas de lésions cliniques et sur le port de préservatif, notamment au cours du troisième trimestre, le reste du temps.