Migraineux sévères privés de traitements innovants : médecins et patients dénoncent la situation

  • Catherine Moréas

  • Actualités Médicales par Medscape
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France – Trois anticorps monoclonaux sont autorisés en France dans la migraine sévère, mais les négociations sur leur prix restent au point mort. Neurologues et patients dénoncent cette situation qui contraint certaines personnes à payer de leur poche 500 euros par mois.

Trois anticorps s’administrent en auto-injection mensuelle

Les trois anticorps monoclaux indiqués dans le traitement de la migraine sévère ne sont toujours pas disponibles en France, alors qu’on peut se les procurer chez certains voisins européens (Allemagne, Suisse, Espagne, Italie, Luxembourg). L’érénumab, le frémanezumab et le galcanézumab ont, pourtant, obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en bonne et due forme en France. Aimovig (l’érénumab) du laboratoire Novartis bénéficie d’une AMM depuis 18 mois. Les deux autres Emgality (galcanézumab) du laboratoire Lilly et Ajovy (frémanezumab) du laboratoire Teva ont reçu le coup de tampon courant 2020.

L’AMM française est plus restrictive que les autorisations européenne et américaine puisqu’elle limite la prescription aux patients souffrant de migraine plus de huit jours par mois (au lieu de quatre jours dans les AMM européenne et américaine), après échec d’au-moins deux traitements de fond classiques (bêtabloquant, topiramate, amitriptyline…).

Ces trois anticorps s’administrent en auto-injection sous-cutanée, dans la cuisse, une fois par mois. Les doses doivent être conservées au réfrigérateur à 4°C. Prescrits par un neurologue, ils ont montré (avec un recul de quelques années) peu d’effets secondaires, essentiellement une douleur au point d’injection et une constipation passagère. 

Une nouvelle approche

Les trois produits ont le même mécanisme d’action. Ils ciblent le CGRP (calcitonin gene-related peptide), un neuromédiateur libéré par le nerf trijumeau au cours de la crise migraineuse. « C’est cette molécule qui est responsable de la douleur », explique le Pr Anne Ducros, neurologue au CHU de Montpellier et présidente de la Société française migraines et céphalées.

Mais ce CGRP est aussi un puissant vasodilatateur, libéré naturellement par l’organisme lors d’un accident ischémique. C’est la raison pour laquelle, les anticorps anti-CGRP sont contre-indiqués chez les patients qui ont des antécédents cardiovasculaires (infarctus du myocarde, AVC, hypertension artérielle sévère non-contrôlée, artérite des membres inférieurs…).

Espoir déçu pour les migraineux

Ces médicaments représentent un réel espoir pour les migraineux que rien ne soulage. La Commission de la transparence de la Haute autorité de santé estime que 16.800 personnes sont concernées. C’est peu par rapport aux 12 à 15 millions de migraineux français. Mais ces patients sont « désespérés », n’hésite pas à dire le Pr Ducros. « Ils n’ont pas de vie et n’ont pas attendu le confinement pour être confinés. La migraine est la maladie qui impacte le plus la qualité de vie chez les moins de 50 ans. Tous âges confondus, elle arrive en deuxième position derrière la lombalgie », ajoute-t-elle.

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