Migraine : bientôt de nouvelles recommandations

  • Catherine Moréas

  • Actualités Médicales par MediQuality
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France – La Société française d’étude des migraines et céphalées publiera ses nouvelles recommandations professionnelles en mars 2021, lors des Journées de neurologie de langue française (JNLF). Plusieurs changements importants sont attendus, notamment l’intégration des nouveaux anticorps monoclonaux comme nouvelle option thérapeutique.

Ces nouvelles recommandations se veulent avant tout pratiques. Elles visent à faciliter la prescription, par les médecins traitants, de traitements efficaces  contre la migraine. «Nous estimons que 90% des migraineux peuvent être pris en charge par un médecin généraliste, 9% par un neurologue (un tiers des demandes de consultation en neurologie concerne la migraine) et 1% dans un centre hospitalier spécialisé», a rappelé le Pr Anne Ducros, présidente de la SFEMC, à Medscape. La neurologue du CHU de Montpellier précise «qu’il est aussi temps de faire passer le message que les crises de migraines ne doivent pas être traitées par des antalgiques mais par des traitements spécifiques car la migraine n’est pas une douleur mais une maladie neurologique dont la douleur n’est qu’une expression».

L’arrivée des nouveaux anticorps monoclonaux

Parmi les points saillants concernant les médicaments, les recommandations vont intégrer dans l’arsenal thérapeutique les trois nouveaux anticorps monoclonaux (érénumab, frémanézumab et galcanézumab) réservés aux migraineux sévères (plus de huit jours de crise par mois, après échec d’au-moins deux traitements de fond classiques). Ces traitements restent toutefois encore non remboursés à ce jour (Lire Migraineux sévères privés de traitements innovants : médecins et patients dénoncent la situation ).

Quelles thérapies non-médicamenteuses ?

En ce qui concerne les thérapies non-médicamenteuses, l’activité physique sera recommandée en première intention, à raison de deux à trois séances d’une heure par semaine, à un rythme modéré et en endurance, par exemple la marche à pied, le vélo, la natation, le tai chi, l’aikido ou le Qi gong. «L’activité physique a montré son efficacité en prévention de la migraine» rappelle le Pr Ducros, même si la douleur peut être aggravée par l’exercice au moment de la crise. La neurologue souligne, par ailleurs, que «l’activité physique est également très importante en prévention du risque vasculaire. Les migraineux avec aura (un tiers des patients) ont un risque multiplié par deux d’accident vasculaire cérébral.»

Concernant l’hypnose, la relaxation et les thérapies cognitivo-comportementales, une revue récente de la Cochrane Library a montré que ces techniques étaient inefficaces en traitement de crise mais aussi en prévention si elles n’étaient pas couplées à un traitement médicamenteux de fond. Ces traitements peuvent avoir un intérêt particulier chez certains patients anxieux ou dépressifs en sus du traitement médicamenteux de la migraine.

Enfin, la neuromodulation sera, pour la première fois, prise en compte dans les recommandations françaises. L'efficacité des différents dispositfs ayant un marquage CE sera détaillée pour le traitement des crises mais aussi en prévention. «Cefaly (des électrodes qui stimulent le nerf trijumeau) qui peut être utilisé en traitement de crise et en prévention, notamment, est un traitement efficace, mais pas remboursé. Il coûte environ 300 €», observe le Pr Ducros.

Accéder au dossier : « Migraine : résoudre le casse-tête »

Article initialement publié sur Medscape.