Microbiote : première preuve de concept d’une amélioration du syndrome métabolique par apport d’une bactérie intestinale

  • Depommier C & al.
  • Nat Med
  • 1 juil. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude randomisée, menée auprès de 40 patients obèses ou en surpoids, offre la preuve de concept que l’apport quotidien d’ Akkermansia muciniphila ( A. muciniphila ) durant 3 mois améliore les paramètres du métabolisme glucidique par rapport au placebo.

L’étude a comparé la forme vivante et la forme pasteurisée de la bactérie intestinale commensale. La pasteurisation permet d’obtenir une forme inactivée de la bactérie sans altérer significativement sa structure. Et chez l’animal, cette dernière est apparue de façon surprenante plus efficace que la forme vivante sur les différents paramètres évalués.

Après avoir vérifié l’innocuité de ces deux formes chez 5 volontaires sains, cette nouvelle étude confirme la supériorité de la forme pasteurisée. Il est désormais envisageable de conduire une nouvelle étude randomisée sur une plus large cohorte pour vérifier ces résultats.

Méthodologie

Cette étude a inclus 40 patients, dont 32 ont terminé l’étude : ils devaient être âgés de 18-70 ans et présenter un diagnostic de syndrome métabolique (définition NCEP ATP III). Ils ont été randomisés en double aveugle entre A. muciniphila vivant, pasteurisé (1010 bactéries par jour dans les deux cas) et un placebo durant 3 mois. Une visite de sécurité et de tolérance a été planifiée après 15 jours de traitement. Les différents paramètres métaboliques ont été mesurées à l’issue des trois mois.

Principaux résultats

  • Après 3 mois, l'insulinémie à jeun dans le groupe A. muciniphila était supérieure à celle mesurée à l’inclusion dans le groupe placebo, alors que cette observation n’était pas faite au sein des deux groupes traités. Pour les patients de ces deux groupes, l’insulinémie obtenue à l’issue du suivi était inférieure d’environ 30% à celle du groupe placebo.
  • La sensibilité à l'insuline (selon l’index Homeostasis Model Assessment of Insulin Resistance- HOMA-IR) était réduite à 3 mois dans le groupe placebo par rapport à l’inclusion, tandis qu’elle était alors significativement améliorée d’environ 30% dans le groupe bactérie pasteurisée par rapport au groupe placebo.
  • L’activité de la dipeptidyl peptidase-4 (DPP4), impliquée dans la modulation de l'inflammation, était significativement réduite à l’issue des 3 mois dans le groupe A. muciniphila pasteurisé, contrairement aux deux autres bras.
  • La numération des globules blancs, qui constituerait un facteur prédictif de diabète de type 2 chez les sujets obèses, était significativement accrue dans les premières semaines sous placebo, alors que la supplémentation d' A. Muciniphila pasteurisée offrait un phénomène inverse, entre la fin du suivi et l’inclusion, ainsi que par rapport au groupe placebo.
  • Les chiffres du cholestérol total était également significativement plus faibles à 3 mois dans le groupe bactérie pasteurisée (-8,68% versus placebo).