Microbiote intestinal et performances physiques : que sait-on ?

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Une revue de la littérature fait le point sur les connaissances actuelles concernant les relations entre les acides gras à chaîne courte (AGCC) produits de la fermentation des glucides alimentaires insolubles par le microbiote intestinal et les performances physiques en aérobie. 

  • Les interactions entre l’alimentation, le microbiote et l’hôte passeraient par l’activation de récepteurs couplés aux protéines G (RCPG).
  • Les AGCC sont retrouvés non seulement dans la lumière intestinale, mais également au niveau sanguin, du pancréas, du cerveau.
  • Plusieurs hypothèses soutiennent le fait que les AGCC auraient un rôle essentiel dans la signalisation physiologique et le contrôle du métabolisme de nombreux organes.
  • Plusieurs études ont montré que l’exercice physique avait un effet bénéfique sur la composition et la diversité du microbiote. 
  • Les réserves totales en glycogène, estimées à 103 moles d’ATP, sont insuffisantes pour un exercice d’endurance prolongé comme un marathon de 2 heures qui en nécessite environ 150. Ainsi, en plus du glycogène hépatique et musculaire, les AGCC pourrait fournir un carburant alternatif utilisable directement par le muscle squelettique lors d’exercices d’endurance.
  • Des comparaisons menées entre des joueurs internationaux de rugby et des témoins sains appariés sur l’âge et l’IMC (<25 et >25kg/m2) ont mis en évidence une plus grande diversité du microbiote intestinal chez les rugbymen par rapport aux témoins que ce soit pour les IMC faibles ou élevés. De fait, les concentrations en AGCC des fèces étaient significativement plus élevées en acétate, propionate, butyrate et valérate chez les sportifs de haut niveau. Une corrélation significative a également été mise en évidence entre la concentration fécale en AGCC et la stimulation des voies du métabolisme. Ces travaux corroborent ceux menés sur modèles animaux.
  • D’autres études ont mis en évidence que des voies de communication entre l’intestin et le cerveau passaient par les AGCC. Des récepteurs aux AGCC sont en effet présents dans tout le système nerveux, notamment au niveau du système sympathique qui est un régulateur important de la dépense énergétique durant l’exercice. Des travaux menés en laboratoire ont suggéré que les AGCC avaient la capacité d’augmenter l’activité sympathique ce qui peut être intéressant dans un contexte de performance à l’effort.
  • Chez des sujets sains ayant une alimentation occidentale, les AGCC fourniraient environ 10% des besoins énergétiques totaux. Cette contribution pourrait être supérieure chez ceux qui ont un régime alimentaire plus riche en fibres ou exclusivement végétariens.
  • Ces données montrent qu’il est important de continuer la recherche dans ce domaine.