MICI : le succès sous influence de la désescalade thérapeutique d’infliximab

  • Petitcollin A & al.
  • Clin Pharmacol Ther
  • 12 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une récente étude française, la désescalade thérapeutique de l’infliximab dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) est associée à un moindre risque de rechute lorsque le patient a développé la maladie avant 16 ans ( vs après), ne fume pas, présente une maladie de Crohn ( vs rectocolite hémorragique), ou présente un faible taux de CRP lors de la période de désescalade. Par ailleurs, la clairance de l’infliximab apparaît comme un facteur influençant également le pronostic de la maladie après désescalade.

Cet ensemble de paramètres peut permettre au clinicien de mieux apprécier l’éligibilité et le monitorage de la diminution de l’exposition du patient à l’infliximab.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Étant donné les risques associés à l’infliximab à long terme, la diminution de sa posologie ou de sa fréquence d’administration est un objectif important chez le patient souffrant de maladie de Crohn (MC) ou de rectocolite hémorragique (RCH) une fois la réponse obtenue. Les données permettant de prédire le maintien de la réponse après désescalade thérapeutique restent cependant peu nombreuses. La clairance de l’infliximab associée au suivi de sa seule concentration a été décrite récemment comme améliorant la prédiction du succès du protocole. Cette étude visait à identifier d’autres paramètres intéressants pour mener la réduction des posologies d’infliximab en pratique clinique chez les patients dont la MICI est contrôlée.

Principaux résultats

  • L’étude a inclus 91 patients (36,9 ans en moyenne lors de la première désescalade) qui ont été suivis entre 2012 et 2017, chez lesquels 155 désescalades thérapeutiques ont été menées et 44 rechutes, survenues 280 jours après la désescalade (valeur médiane) ont été notifiées, sachant que 47,3% des sujets n’ont mené qu’une désescalade et que 40,9% ont connu une seule rechute. Un total de 607 mesures des taux sanguins d’infliximab étaient disponibles pour construire le modèle.
  • Dans ce modèle, la clairance de l’infliximab augmentait avec le poids, la CRP et l’activité de la maladie, chez les seuls sujets RCH. Parallèlement, l’azathioprine, lorsqu’elle était coprescrite, était associée à une clairance plus faible de l’infliximab. Ainsi, une CRP de 100 mg/L augmentait la clairance de 21,6%, et la prescription d’azathioprine de 15,1%.
  • Étant donné la variabilité de la corpulence des patients en fonction du temps, un modèle à effets mixtes l’associant au temps a été bâti et a permis d’expliquer la majeure partie de la variabilité interindividuelle de la clairance de l’infliximab.
  • Enfin, l’étude des facteurs prédictifs déterminant le pronostic après désescalade a montré qu’une clairance individuelle ou un volume de distribution élevés lors de la désescalade était associés à un risque de rechute plus élevé. Ce dernier augmentait également avec la concentration de la molécule au début de la désescalade (seuil déterminant