MICI : le risque d’infection sévère chez les enfants sous anti-TNF alpha

  • Wintzell V & al.
  • Lancet Gastroenterol Hepatol
  • 4 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude publiée dans The Lancet montre que l’utilisation des anti-TNF chez les enfants souffrant de maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI) ne serait pas associée à une augmentation du risque d’infection sévère, contrairement à ce qui peut être constaté chez l’adulte.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

De précédentes études ont mis en évidence une augmentation du risque d’infection sévère chez les adultes souffrant de MICI et traités par anti-TNF alpha. En revanche, les données disponibles pour la population pédiatrique souffrant également de MICI sont assez contradictoires. D’où l’intérêt de cette étude.

Méthodologie

L’étude porte sur un registre de sujets danois. Les enfants et adolescents ayant reçu le diagnostic de MICI ont été identifiés. Le temps de suivi a été catégorisé en fonction de l’utilisation ou non d’un anti-TNF alpha selon les données recueillies auprès de spécialistes. 

Principaux résultats

Au total, 2.817 enfants et adolescents souffrant de MICI ont été inclus dans l’étude entre 2007 et 2016. Les analyses ont comparé 618 périodes d’exposition à un anti-TNF alpha et 2.925 périodes de non-exposition à ce type de traitement. Ainsi, 90% des traitements initiés utilisaient l’infliximab, 9% l’adalimumab, et moins de 1% respectivement l’étanercept et le golimumab.

Dans la cohorte pondérée sur les périodes d’exposition et de non-exposition à un anti-TNF, l’âge moyen était de 15,1 ans, 53,9% étaient des garçons, 69,9% avaient une maladie de Crohn, 30,1% une rectocolite hémorragique ou une MICI non déterminée. Le suivi médian de ces sujets était de 1,4 ans (1,0 an pour les périodes sous anti-TNF alpha et 2,1 ans pour les périodes sans). L’incidence pondérée d’infection sévère (critère principal d’évaluation) était de 54,6 événements pour 1.000 patients-années dans les périodes d’exposition à un anti-TNF alpha et de 61,9 événements pour 1.000 patients-années dans les autres périodes.

Ainsi, selon ces analyses, sur le suivi global, le risque pondéré d’infection sévère n’était pas significativement différent entre les périodes d’exposition à un anti-TNF alpha et les autres périodes (HR 0,81 [0,54-1,21]). Aucune association n’a été mise en évidence non plus durant les 90 jours post-initiation d’un anti-TNF alpha.

Il n’y avait pas de différence d’incidence d’infection sévère au niveau du tractus respiratoire, du tractus gastro-intestinal, urinaire, de la peau et des tissus ou d’autres types d’infections spécifiques (critères secondaires d’évaluation).

Principales limitations

Étude observationnelle.