MICI : la télémédecine a-t-elle un intérêt ?

  • Cross RK & al.
  • Am J Gastroenterol
  • 1 mars 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’intérêt de l’utilisation en plus des soins standards, d’un système de télémédecine utilisant une application sécurisée sur téléphone mobile accessible aux équipes de soins et aux fournisseurs d’accès a été évalué. Ce système de télémédecine permettait au fournisseur d’accès d’individualiser des alertes et des plans d’action pour chaque participant sous forme de messages par texte. Une infirmière recevait également les informations et au besoin pouvait consulter le fournisseur pour une modification de la prise en charge. L’ajout de ce système de télémédecine une fois par semaine ou toutes les deux semaines aux soins standards n’a pas eu d’influence sur l’activité de la maladie par rapport aux soins standards seuls. En revanche, la télémédecine toute les deux semaines améliorerait significativement de la qualité de vie des patients souffrant de maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI). Par ailleurs, le système de télésurveillance toutes les semaines était le seul à diminuer significativement le nombre d’hospitalisations en lien avec la MICI, et à augmenter significativement la réalisation de tests non invasifs et le nombre de contacts téléphoniques et électroniques par rapport aux sujets traités par des soins standards uniquement. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Contrairement à d’autres études sur le sujet, celle-ci n’a pas remplacé les soins standards par une télésurveillance, mais ce système de suivi à distance a été ajouté aux soins standards.

Méthodologie

TELEmedicine est une étude multicentrique, randomisée, contrôlée menée durant 12 mois, chez des sujets souffrant de MICI. Les patients ayant une aggravation de leurs symptômes dans les deux précédentes années étaient éligibles à la randomisation entre deux groupe TELE-IBD (avec télémédecine toutes les semaines ou une semaine sur deux en plus des soins standards), et un groupe contrôle avec soins standards uniquement. Ceux ayant eu accès à un service de télémédecine devaient compléter des auto-tests d’évaluation de leurs symptômes. Tous les participants ont eu une consultation à l’inclusion, puis à 6 et 12 mois en plus des consultations classiques. 

Principaux résultats

Au total 348 sujets ont été inclus (117 dans le groupe contrôle, 115 dans le groupe TELE-IBD toutes les semaines, 116 dans le groupe TELE-IBD une semaine sur deux) et 74,4% ont terminé l’étude. Sur l’ensemble des patients, 67,9% avaient une maladie de Crohn (MC) et 42,5% une maladie active à l’inclusion. L’âge moyen était de 38,9 ans, la durée moyen de la maladie était de 11,6 ans et 56,6% étaient des femmes. L’index d’activité de la maladie de Crohn (indice de Harvey Bradshaw modifié) était de 5,2, 4,2 et 4,7 respectivement dans le groupe contrôle, TELE-IBD toutes les semaines ou toutes les deux semaines. Ce score a diminué significativement dans tous les groupes entre l‘inclusion et la dernière consultation mais sans différence significative entre les groupes (respectivement 3,7, 3,2 et 4,2 p=0,16).

Les taux de rémission étaient similaires entre les groupes à l’inclusion (53,4%, 64,1% et 54,4%), et la proportion de sujets en rémission a augmenté dans les 3 groupes à la dernière visite (63,5%, 70,4% et 60,9%), mais sans différence significative entre les groupes TELE-IBD et contrôle. 

Parmi les sujets ayant une maladie de Crohn, tous les groupes ont eu une diminution de l’activité de la maladie (5,2 à 3,7 dans le groupe contrôle, 4,2 à 3,2 dans le groupe TELE-IBD une fois par semaine et 4,7 à 4,2 dans le groupe TELE-IBD toutes les deux semaines, p168 est corrélé avec la rémission chez les sujets ayant une maladie de Crohn) ait augmenté dans tous les groupes, cette augmentation était significative seulement dans le groupe TELE-IBD toutes les deux semaines (172,3 à 181,5, p=0,03). Le nombre total d’hospitalisation a significativement diminué uniquement dans le groupe TELE-IBD toutes les semaines (p =0,04), et les hospitalisations non en lien avec la MICI ont significativement diminué dans les deux groupes télémédecine par rapport à l’inclusion. 

Principales limitations

Le nombre de patients atteints de rectocolite hémorragique était trop faible pour des analyses pertinentes spécifiquement dans ce groupe.