MICI : l’axe cerveau-intestin serait … bi-directionnel !

  • Gracie DJ & al.
  • Gastroenterology
  • 1 mai 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une équipe britannique a mis en évidence une relation bi-directionnelle entre cerveau et intestin. La preuve d'une relation intestin-cerveau est fournie par le développement d’une anxiété chez des patients présentant une maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI) active mais pas de comorbidité psychique à l’inclusion. Et inversement, la relation cerveau-intestin a été mise en évidence par la réactivation d’une MICI en rémission ou asymptomatique chez des sujets présentant des antécédents de comorbidité psychique. La compréhension de cette relation bi-directionnelle est utile pour plusieurs raisons. Notamment, la prévalence de l’anxiété et de la dépression chez les patients atteints de MICI est particulièrement élevée et une prise en charge de ces troubles de l’humeur pourrait améliorer la qualité de vie des patients. Par ailleurs, ces travaux suggèrent que le traitement des dysbioses intestinales pourraient avoir un double intérêt, à la fois sur les MICI et les troubles de l’humeur. Des pistes à confirmer, bien sûr.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

D’autres études ont mis en évidence le rôle potentiel du microbiote dans la propagation d’interactions anormales entre l’intestin et le cerveau chez des sujets souffrant de MICI. La réponse immunitaire inadaptée qui est à l’origine des MICI pourrait également jouer un rôle dans le développement de troubles de l’humeur. Ainsi, mettre en évidence une relation cerveau-intestin bi-directionnelle pourrait permettre d’envisager une approche thérapeutique plus globale du patient.

Méthodologie

Données issues de 405 adultes ayant reçu un diagnostic de maladie de Crohn (MC) ou de rectocolite hémorragique (RCH). L’activité des MICI était déterminée et les données portant sur l’anxiété et la dépression collectées par une échelle d’évaluation (HADS) à l’inclusion et après un suivi de 2 ans (ou plus).

Principaux résultats

À l’inclusion, l’activité de la maladie inflammatoire des intestins a été associée à une augmentation par près de 6 du risque ultérieur d’anxiété chez ces patients ( hazard ratio  (HR) 5,66 [1,89-17,7]). Inversement, chez les patients qui ne présentaient pas de MICI active à l’inclusion, un état d’anxiété était associé à un doublement du risque de recours à un glucocorticoïde ou de survenue d'une réactivation de la maladie (HR 2,08 [1,19-2,80]) et à une escalade thérapeutique (HR 1,82 [1,19-2,80]).

Principales limitations

La faible prévalence de la dépression dans l’échantillon sélectionné n’a pas permis de mettre en évidence une éventuelle relation entre dépression et activité des MICI.