MICI : intérêt d’un régime pauvre en FODMAPS durant 4 semaines

  • Cox SR & al.
  • Gastroenterology
  • 1 janv. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude randomisée menée en simple aveugle chez des sujets souffrant de maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI), a montré qu’un régime pauvre en FODMAPs (Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides and Polyols) durant 4 semaines, ne modifiait pas la sévérité du syndrome de l’intestin irritable (SII), mais soulageait significativement certains symptômes intestinaux spécifiques par rapport à un régime factice. En fin de régime, la flore microbienne fécale présentait quelques modifications en termes d’abondance d’espèces microbiennes, mais sans que cela ait un impact sur les marqueurs de l’inflammation. Les auteurs soulignent ainsi qu’un régime pauvre en FODMAP durant 4 semaines peut permettre de soulager certains symptômes intestinaux de sujets souffrant de MICI, mais qu’il faut être vigilant à ce que ce régime ne soit pas poursuivi dans le temps.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

L’étiologie des symptômes intestinaux présents chez les sujets souffrant de MICI n’est pas totalement élucidée. Elle pourrait en partie être liée à la coexistence d’un syndrome de l’intestin irritable. Or, non seulement ces symptômes intestinaux impactent la qualité de vie des patients, mais ils conduisent souvent à une escalade thérapeutique par agents immuno-modulateurs sans efficacité sur ces aspects. Ainsi, il était pertinent d’évaluer l’impact d’un régime sans FODMAP chez les patients souffrant de MICI en suivant l’évolution des scores liés aux symptômes de l’intestin irritable. 

Méthodologie

Cet essai randomisé mené en simple aveugle au sein de 2 cliniques spécialisées en gastroentérologie au Royaume-Uni a inclus 52 adultes souffrant d’une maladie de Crohn (MC) ou d’une rectocolite hémorragique (RCH) et présentant des symptômes intestinaux. Les patients étaient assignés à un régime pauvre en FODMAPs (n=27) ou à un régime contrôle (n=25) durant 4 semaines. Les patients ont été stratifiés en fonction du diagnostic de MC ou de RCH, et en fonction de leur dosage en calprotectine fécale (≤100microgrammes/gramme ou comprise entre 101-249 microgrammes/gramme).

Principaux résultats

Après 4 semaines, 52% des sujets qui suivaient le régime pauvre en FODMAPs étaient soulagés de leurs symptômes intestinaux, contre seulement 16% de ceux sous régime contrôle. Le score de sévérité du SII n’était cependant pas significativement modifié chez les sujets sous régime pauvre en FODMAPs. En revanche, des analyses exploratoires ont mis en évidence une proportion significativement plus importante de sujets ayant atteint une réduction du score de sévérité du SII de plus de 50% dans le groupe pauvre en FODMAPs (p=0,012). Des différences ont également été mises en évidence entre les patients souffrant de RCH et de MC. Les premiers déclaraient une réduction significative de la sévérité des symptômes du SII par rapport au régime contrôle contrairement aux patients souffrant de MC. Les sujets sous régime pauvre en FODMAPs rapportaient également significativement moins de symptômes, notamment de flatulences que les autres. Cette différence n’était cependant plus significative en sous-groupe en fonction de la pathologie inflammatoire sous-jacente. Les sujets sous régime pauvre en FODMAPs déclaraient un score de qualité de vie significativement plus élevé. Enfin, une moindre abondance de Bifidobacterium adolescentis, de Bifidobacterium longum et de Faecalibacterium prausnitziia tout de même été soulignée chez les sujets sous régime pauvre en FODMAPs par rapport aux sujets contrôles en fin d’étude. En revanche, les marqueurs de l’inflammation sont restés similaires. 

Principales limitations

Cette étude n’a inclus que 52 patients et le régime pauvre en FODMAP n’a duré que 4 semaines. Ces résultats mériteraient d’être confirmés par des études de plus large envergure et d’une durée plus conséquente.