MICI active en pédiatrie : ne pas faire l’impasse sur la thromboprophylaxie !

  • Aardoom MA & al.
  • J Crohns Colitis

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude prospective menée chez des enfants et adolescents atteints de maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI), a évalué l’incidence des maladies thromboemboliques veineuses (TEV), caractérisé les patients concernés et identifié les facteurs de risque potentiels liés aux MICI.

Les résultats montrent :

  • Une incidence de TEV 14 fois plus importante que dans la population pédiatrique générale.
  • La moitié des TEV concernaient les sinus veineux cérébraux.  
  • Aucun des patients ayant eu une TEV n’avait reçu de thromboprophylaxie alors que selon les recommandations de prise en charge des MICI pédiatriques, celle-ci serait préconisée chez 4 sujets sur 10.

Intérêt de ces données

Les recommandations concernant la thromboprophylaxie chez les enfants atteints de MICI sont basées sur des données limitées. L’étude présentée ici a étudié une population plus importante que toutes les études précédentes.

Méthodologie

Entre octobre 2016 et septembre 2020, des gastro-entérologues pédiatriques de 30 pays différents ont complété prospectivement un registre international de sécurité en indiquant mensuellement s’ils avaient observé un cas de TEV chez un sujet de 18 ans ou moins atteint de MICI. Ils devaient également décrire les caractéristiques de la MICI et de la TEV. Une revue de la littérature et une méta-analyse ont été réalisées pour calculer l’incidence de la TEV au sein de la population générale.

Principaux résultats

À partir des 129 centres participants, 24.802 sujets de 18 ans ou moins atteints de MICI ont été inclus. L’ancienneté de la maladie était de 7,9 mois.

Au total 20 cas de TEV ont été notifiés, à un âge médian de 13,6 ans. Parmi eux, 30% étaient atteints d’une maladie de Crohn (MC). Il n’y avait pas de différence significative entre les patients atteints de MC et ceux atteints de rectocolite hémorragique (RCH) en termes d’âge au diagnostic de la MICI, d’âge au diagnostic de la TEV ou de durée de la MICI avant le diagnostic de TEV. De plus, 90% des TEV sont survenues lors de poussée de MICI. 

Durant la période de suivi, l’incidence de la TEV chez les sujets atteint de MICI était égale à 3,72/10.000 personnes-années, soit 14 fois plus que dans la population pédiatrique générale (0,27/10.000 personnes-années).

La TEV concernait les sinus veineux cérébraux dans 50% des cas , puis les thromboses veineuses profondes des extrémités et l’embolie pulmonaire. Les symptômes de la thrombose veineuse des sinus cérébraux comprenaient des céphalées, des convulsions, une hémiparésie.

Aucun patient n’avait d’antécédents médicaux ou familiaux de TEV. Aucune thrombophilie héréditaire ou acquise n’a été identifiée, bien que testée dans 70% des cas. 

Un ou plusieurs facteurs de risque non liés à la TEV ont été identifiés chez 65% des sujets, notamment : la prise de corticostéroïdes (45%), l’immobilité (15%), la présence d’un cathéter veineux central (15%), la nutrition parentérale (10%) et une chirurgie (10%).

Aucun patient n’avait pris d’antithrombotique en prophylaxie avant l’événement. Deux patients ayant eu une TEV des sinus cérébraux sont décédés.

Aucun de ces sujets n’avaient reçu de thromboprophylaxis alors que selon les recommandations elle devrait concerner 4 patients sur 10 dans ces circonstances.