Metformine et sur-risque pour la descendance : quoi de neuf ?

  • Hanem LGE & al.
  • Lancet Child Adolesc Health
  • 28 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Que sait-on déjà sur ce sujet ?

Bien qu’elle ne soit pas préconisée dans cette situation, la metformine serait de plus en plus souvent utilisée à travers le monde chez les femmes enceintes avec syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), diabète gestationnel, DT2 ou obèses. Si elle traverse le placenta, aucun effet tératogène n’a cependant été observé chez les nouveau-nés. Ceci n’exclut pas pour autant les conséquences même à long terme sur la santé cardiométabolique pour la descendance. Par ailleurs, les femmes porteuses d’un SOPK ont plus de risque de présenter des facteurs de risque cardiométabolique délétères pour leur descendance. L’étude PregMet est un essai randomisé, contrôlé, multicentrique mené chez 257 femmes souffrant de SPKO (selon les critères de Rotterdam) et ayant comparé l’administration de metformine (2.000 mg/j) à un placebo entre le 1er trimestre de grossesse et l’accouchement. Les premiers résultats avaient déjà mis en évidence une augmentation de la prévalence du surpoids et de l’obésité à l’âge de 4 ans chez les enfants exposés in utero à la metformine par rapport aux autres.

Qu’apportent ces nouvelles données ?

PregMet, serait l’étude qui offrirait à ce jour le plus long suivi dans le domaine. Cette publication du Lancet présente les résultats cardiométaboliques sur un suivi moyen de 7,4 ans sous metformine ou 7,6 ans sous placebo. Au total, 139 enfants ont été inclus et évalués, soit environ 55% de la cohorte initiale. 

Les résultats montrent que :

  • L’IMC (Z-score) était supérieur chez les enfants nés d'une mère ayant été traitée par metformine que chez les autres (différence moyenne de 0,41 [0,03-0,78], p=0,03). 
  • Le tour de taille était également supérieur chez les enfants ayant été exposés à la metformine in utero : différence de tour de taille 0,40 cm ([0,08-0,71], p=0,01), différence de ratio tour de taille/taille (Z score 0,36 [0,06-0,67], p=0,02).
  • Le poids des enfants du groupe metformine était significativement supérieur à celui des enfants du groupe placebo (Z score : 0,43 [0,04-0,82], p=0,03).
  • En revanche aucune différence de taille (Z score), de tour de tête (Z score), ni de taux d’adiponectine, cholestérol, triglycérides, HDL-cholestérol, ALAT, glucose, HbA1c, insuline, HOMA2-IR, pression sanguine, fréquence cardiaque n’a été mise en évidence entre les deux groupes.
  • Le nombre d’enfants obèses était significativement plus important dans le groupe metformine : 17% versus 1% (p=0,001).

Les auteurs concluent que la prise de metformine durant la grossesse pourrait ultérieurement contribuer à une moins bonne santé cardiométabolique.

Quel impact en pratique et quelles perspectives ?

Ces résultats invitent à la prudence, et à ne pas utiliser la metformine durant la grossesse notamment chez des femmes porteuses d’un syndrome polykystique.

Principales limitations

Ces résultats mériteraient d’être confirmés par d’autres études de plus large envergure, car il existe peu de données dans la littérature sur ce sujet.

Financements

Étude financée par différentes fondations et fonds publics.