Metformine durant la grossesse : y-a-t-il vraiment un risque pour l’enfant ?

  • Tarry-Adkins JL & al.
  • PLoS Med
  • 1 août 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une méta-analyse montrent que :

  • À la naissance, les nourrissons dont les mères ont été traitées par metformine durant leur grossesse présentaient un poids significativement moins élevé que ceux dont les mères étaient traitées par insuline. 
  • Les enfants exposés in utero à la metformine auraient ensuite une croissance accélérée avec un poids significativement plus important entre 18 et 24 mois, et un IMC plus important entre 5 et 9 ans par rapport à ceux exposés à l’insuline in utero.
  • Ainsi, le traitement par metformine d’un diabète gestationnel impacterait la trajectoire de développement de l’enfant par rapport à un traitement par insuline.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Le recours à la metformine serait de plus en plus fréquent en cas de diabète gestationnel. Or, il existe peu de données concernant l’impact de celle-ci versus l’insuline sur le développement du fœtus et de l’enfant. Ces données sont d’autant plus importantes qu’il est admis que les enfants qui naissent avec un plus faible poids de naissance puis regagnent rapidement du poids dans la prime enfance ont plus de risque de développer ultérieurement une maladie cardiovasculaire ou un diabète de type 2.

Méthodologie

Toutes les études pertinentes ayant évalué l’impact sur le fœtus et l’enfant de la prise de metformine versusl’insuline chez des femmes ayant un diabète gestationnel et ayant été  publiées jusqu’au 26 février 2019 ont été incluses. 

Principaux résultats

Au total 28 études (n=3.976 participants) ont été considérées pour la méta-analyse.

Aucune n’a évalué la croissance du fœtus sous metformine versus insuline. Les enfants exposés in utero à la metformine avaient un poids de naissance significativement plus faible que ceux exposés à l’insuline (-107,7 g, p=0,005), sans pour autant avoir un sur-risque de naître petit par rapport à leur âge gestationnel. 

Malgré le fait que les enfants exposés in utero à la metformine aient un poids de naissance plus faible que les autres, ils étaient plus gros à 2 ans que les enfants exposés à l’insuline. Entre 5 et 9 ans, les enfants exposés in utero à la metformine avaient un IMC significativement plus élevé que les autres (différence moyenne 0,78 kg/m[0,23-1,33], p=0,005), mais la différence absolue de poids entre les deux populations n’était pas significative.