Méta-analyse sur l’efficacité des traitements de la RCH

  • Battat R & al.
  • Am J Gastroenterol
  • 25 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Dans la rectocolite hémorragique (RCH), les taux de rémission histologique sous traitement varient entre 15,0 et 44,9% selon la classe thérapeutique utilisée. Les lavements ou suppositoires par aminosalicylate et le budésonide multi-matricielle sont les seuls traitements à offrir des taux de rémission supérieurs à ceux observés sous placebo.

Cette méta-analyse confirme la forte corrélation entre guérison endoscopique et guérison histologique, mais souligne que cette dernière est généralement inférieure, suggérant qu’elle constitue probablement un marqueur plus rigoureux pour évaluer l’efficacité des traitements.

Le travail de revue systématique mené dans le but de cette méta-analyse permet enfin aux auteurs de souligner que les essais cliniques disponibles n’utilisent pas systématiquement l’histopathologie comme critère d’évaluation et que la plupart sont consacrés à l’évaluation des traitements d’induction, tandis que les données sur les traitements d’entretien sont peu nombreuses. Enfin, les données concernant la cicatrisation histologique offerte par les immunosuppresseurs et les biothérapies sont encore rares. Ils invitent à de nouveaux essais cliniques dans lesquels l’histologie constituera le socle de l’évaluation.

Principaux résultats

  • Au total, 157 études ont été incluses dans l’analyse.

  • En traitement d’induction, les chiffres poolés de cicatrisation histologique et endoscopique concernant les dérivés salicylés oraux étaient de 30,1% [21,1–41,0] et de 53,6% [43,2 à 63,7] respectivement, sans différence selon les doses mises en œuvre. Le taux de guérison endoscopique en traitement d’entretien était de 60,3% [38,7-78,6]. Concernant les lavements de dérivés salicylés, ces chiffres étaient de 37,2% [29,0 à 46,3] et de 48,6% [36,8 –60,5] pour les cicatrisations histologique et endoscopique, tandis que ceux obtenus avec les suppositoires de dérivés salicylés étaient de 44,9% et de 69,0% [56,3–79,4].

  • Le budésonide multimatriciel (MMX) était associé à un taux de guérison histologique de 15,0% [12,6-17,9] et les données concernant la rémission endoscopique étaient insuffisantes pour conclure. Concernant les corticoïdes oraux à action locale autres que le budésonide MMX, les taux de guérison histologique et endoscopique était de 23,8% [13,2–39,0] et de de 46,4% [42,0–50,8]. Enfin, pour les mêmes critères, les corticoïdes locaux seraient associés à des chiffres de 25,8% [17,3–36,5] et de 32,6% [22,1–45,3].

  • Les taux de guérison en traitement d’entretien n’avaient fait l’objet d’aucune étude concernant les dérivés salicylés autres que oraux ou les corticostéroïdes. Les données disponibles concernant les biothérapies et les immunosuppresseurs ne permettaient pas de mener une méta-analyse.

  • La corrélation entre la guérison histologique et la guérison endoscopique était élevée (r=0,66).

  • Une analyse multivariée a démontré qu’une maladie faiblement active et une utilisation de corticoïdes constituaient deux facteurs associés à un meilleur taux de guérison histologique, comparativement au placebo. Par rapport à un autre traitement actif, seul le premier de ces deux facteurs était associé à la probabilité de guérison histologique.