Ménopause : L’EMAS statue sur les bénéfices du régime méditerranéen pour la santé cardiovasculaire et osseuse

  • Cano A & al.
  • Maturitas
  • 24 juil. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon la synthèse des données réalisée dans la déclaration de prise de position publiée par l'EMAS (European Menopause and Andropause Society), l’adoption du régime méditerranéen peut aider à réduire le risque cardiovasculaire des femmes ménopausées et à maintenir la santé osseuse, prévenir le déclin cognitif, réduire le risque de cancer du sein et réduire le risque de mortalité toutes causes confondues.

L’EMAS a synthétisé les données de la littérature concernant le bénéfice du régime méditerranéen sur le plan :

- des symptômes de la ménopause :

Les données issues des études cliniques randomisées (ECR) suggèrent une amélioration de 14 à 20% de la fréquence des troubles vasomoteurs, plus volontiers liée à l’adoption du régime dans sa globalité qu’à la consommation spécifique de certains nutriments clés le caractérisant. Les autres symptômes de la ménopause ont peu été étudiés dans ce cadre.

- le risque cardiovasculaire :

Le bénéfice du régime méditerranéen sur la morbimortalité cardiovasculaire (CV) est bien décrite dans les études observationnelles, a fortiori chez les femmes. Les ECR ont montré l’amélioration des chiffres de morbimortalité CV par consommation d’une alimentation de type méditerranéen ou de certains aliments spécifiques (huile d’olive, noix/noisettes) chez les femmes ménopausées. Une étude Cochrane de 2019 incluant hommes et femmes de tout âge a cependant suggéré que les données étaient incertaines étant donné l’hétérogénéité statistique.

- les facteurs de risque cardiovasculaire :

Selon les données issues des ECR (MediDiet, PREDIMED), le régime méditerranéen peut réduire modestement la pression artérielle diastolique ou systolique (de 1-2 et 2-3 mmHg respectivement), réduire le cholestérol total et le LDL-c (jusqu’à -0,2 mmol/L), le profil athérogène des lipoprotéines, le tour de taille, et le rapport taille-hanche. Le régime méditerranéen pourrait aussi réduire le risque de diabète de type 2 et améliorer modestement l’équilibre glycémique des femmes ménopausées diabétiques. Il pourrait être plus adapté qu’un régime pauvre en graisses pour ces femmes, mais des données confirmatoires seraient nécessaires dans cette population spécifique.

- l’ostéoporose :

Les données restent contradictoires. La plupart des données disponibles sont d’ordre observationnelles, suggérant un bénéfice modeste, mais les conclusions sont contradictoires concernant le risque de fracture de la hanche. Plus récemment, une large étude randomisée d’un an n’a pas permis d’observer un bénéfice du régime méditerranéen sur la densité minérale osseuse chez les femmes ménopausées prises globalement, mais qu’il était possible de réduire la perte osseuse au niveau fémoral chez celles qui présentaient une ostéoporose.

- la santé mentale et le risque cognitif :

Les données relatives aux études cliniques ou observationnelles sont concordantes et plaident pour un bénéfice significatif du régime méditerranéen sur la survenue de troubles cognitif (entre 20 et 30% de diminution du risque -RR ou HR- selon les études). Le bénéfice reste lié à une consommation à long terme, la modification ponctuelle de l’alimentation n’ayant aucun effet. Par ailleurs, si quelques études sont contradictoires, la plupart des données disponibles suggèrent que l’alimentation méditerranéenne peut aussi réduire le risque de dépression ou améliorer les symptômes.

- le risque de cancer du sein :

Il existe aussi des données contradictoires sur le sujet, mais la plupart suggère toutefois un bénéfice d’une telle alimentation sur le risque de cancer du sein chez la femme ménopausée.

- la mortalité toutes causes confondues :

Une récente méta-analyse ayant compilé une trentaine d’études et plus d’1,5 million de participants a montré que le risque de décès toutes causes diminuait linéairement avec l’adhésion au régime méditerranéen.