Méningocoques : vacciner pour protéger contre les infections invasives


  • Marie Torre
  • Actualités Médicales
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Des infections invasives à haut risque

En 2017, 546 infections invasives à méningocoque (IIM) ont été notifiées, dont 62 décès (12 %). (1) Les IIM se manifestent principalement sous forme de méningite ou de méningococcémie (septicémie), sa forme la plus sévère étant le Purpura fulminans.

Le méningocoque (Neisseria meningitidis) est une bactérie commensale du rhinopharynx : 1 personne sur 10 est un porteur asymptomatique. Ce taux de portage varie avec l’âge : 5 % chez les enfants, 24 % à l’âge de 19 ans, et 8 % après 50 ans.

Les infections invasives à méningocoque connaissent deux pics, au cours des premières années de vie en raison de l’immaturité immunitaire et à l’adolescence avec l’augmentation du portage.

En France, les principaux sérogroupes responsables d’IIM sont le B et le C (42 % et 28 % en 2017). Depuis 2015 une augmentation des IIM de sérogroupe W est constatée, notamment à cause du nouveau variant hyper-invasif « UK-2013 ».

Dans 10 à 20 % des cas, l’IIM entraîne des séquelles définitives de type nécrose cutanée, déficit du développement nerveux, épilepsie, surdité ou troubles visuels.

Un cas d’IIM sur 4 se présente sous forme d’un Purpura fulminans, où la léthalité est importante (22 %). (2) La prise en charge doit être immédiate, avec appel systématique au SAMU-Centre 15. L’important est d’administrer en urgence un antibiotique de la classe des céphalosporines de troisième génération, de préférence ceftriaxone, ou le cas échéant céfotaxime.

 

Une couverture vaccinale insuffisante pour protéger les sujets les plus à risque

La bactérie Neisseria meningitidis provoque de près de la moitié des méningites bactériennes de l’enfant. (1) La vaccination contre les IIM de sérogroupe C est obligatoire (à l’âge de 5 mois, puis rappel à l’âge de 12 mois) pour tous les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018.

A l’heure actuelle, la couverture vaccinale contre le méningocoque C est insuffisante pour obtenir une immunité de groupe permettant de protéger les personnes non vaccinées, notamment les nourrissons. Si près de 75 % des enfants de 2 ans sont vaccinés, seuls 30 % des adolescents de 15-19 ans et 15 % des jeunes adultes de 20-24 ans le sont. Pourtant, le risque d’IIM C est élevé chez l’adolescent et le jeune adulte. Compte tenu de la fréquence du portage à ces âges, leur immunisation est essentielle pour créer une immunité de groupe. (1)

Plusieurs types de vaccins sont disponibles en France : les vaccins méningococciques conjugués (C ou tétravalent A, C, Y, W135) et un vaccin protéique contre les méningocoques B. (1,3)

Le méningocoque est entouré d'une capsule composée de sucres (polyosides). (3) Dans les vaccins conjugués, le polyoside utilisé est lié (ou conjugué) à une protéine, ce qui permet notamment au vaccin d’être efficace chez le jeune nourrisson, d’agir contre le portage du méningocoque et d'avoir un effet rappel en cas de d'administration d'une nouvelle dose vaccinale.

La vaccination contre le méningocoque C (une dose unique) est recommandée pour toutes les personnes âgées de 12 mois à 24 ans révolus n’ayant pas reçu de primovaccination antérieure. (1)

La vaccination contre les méningocoques de sérogroupes A, C, W et Y est recommandée chez les sujets à risque (ainsi que la vaccination contre le sérogroupe B) et chez les voyageurs se rendant dans une zone d’endémie ou en pèlerinage à la Mecque (au moins dix jours avant le départ).