Méningites à méningocoque : une meilleure information des parents est indispensable


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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A retenir :

  • Le 5 octobre 2019 était la « Journée nationale de lutte contre la méningite »
  • La vaccination est le seul moyen de se protéger contre les méningites à méningocoque mais une enquête révèle un déficit d’information des parents
  • Parmi les parents d’enfants concernés par l’obligation vaccinale, seuls 18% déclarent que leur enfant est vacciné contre la méningite à méningocoque de type C
  • Pour les autres parents, 40% pensent à tort que leurs enfants sont vaccinés contre « tous les types de méningocoques les plus fréquents »
  • Les parents doivent être sensibilisés aux symptômes pour une prise en charge rapide, le cas échéant

Le 5 octobre 2019 était la « Journée nationale de lutte contre la méningite ». A cette occasion, une enquête menée auprès d’un échantillon de 634 parents d’enfants de 0 à 16 ans a confirmé le déficit d’information sur cette maladie.

Les méningites à méningocoque sont dues à une bactérie, Neisseria meningitidis, dont on distingue principalement 5 sérogroupes : A, B, C, W et Y (surtout B et C en France). Ces bactéries peuvent être présentes dans l’arrière de la gorge sans provoquer de symptômes mais dans certains cas elles se multiplient et passent dans le sang : on parle d’« infection invasive à méningocoque » (IIM) pouvant entraîner une méningite.

La méningite à méningocoque est rare (environ 400 personnes par an en France) mais ses conséquences peuvent être dramatiques : elle peut conduire au décès ou laisser des séquelles importantes (handicap physique ou neurologique majeur, amputations, perte d’audition, difficultés d’apprentissage…). Cette bactérie se transmet, par exemple, par la toux ou les postillons. Les personnes les plus touchées sont les nourrissons de moins d’1 an, les enfants de 1 à 4 ans et les adolescents et jeunes adultes de 15 à 24 ans.

La vaccination est le seul moyen de se protéger contre les méningites à méningocoque mais on se rend compte que les parents sont mal informés sur ce sujet. En effet, deux tiers d’entre eux déclarent que leur enfant est vacciné contre la méningite mais 30% ignorent contre quel sérogroupe.

En France, la vaccination contre la méningite C est désormais obligatoire pour tous les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018 (une dose à 5 mois et le rappel à 12 mois) et recommandée en rattrapage chez les 1-24 ans non vaccinés. Les vaccins permettant de se protéger contre les autres sérogroupes ne sont recommandés que dans certains cas particuliers (populations à risque, immunodéprimés, voyageurs, sujets contacts d’un cas…). On constate que parmi les parents d’enfants concernés par l’obligation vaccinale, seuls 18% déclarent que leur enfant est vacciné contre la méningite à méningocoque de type C. Par ailleurs, pour les parents d’enfants nés avant le 1er janvier 2018, 40% pensent à tort que leurs enfants sont vaccinés contre « tous les types de méningocoques les plus fréquents ». Il existe donc un manque d’information et une grande confusion concernant les méningites à méningocoque et les moyens de s’en protéger.

Une bonne information des parents est pourtant capitale non seulement pour protéger leurs enfants en les faisant vacciner mais également pour reconnaître cette maladie qui nécessite une prise en charge en urgence. Les premiers symptômes peuvent souvent ressembler à ceux de la grippe, ce qui rend le diagnostic difficile, mais les parents doivent notamment être informés de la possibilité de l’apparition sur le corps de taches rouges ou violacées qui s’étendent très rapidement : on parle de purpura fulminans. Cette complication redoutable est mortelle dans 20 à 30% des cas en quelques heures en l’absence de traitement administré en urgence.