Mélatonine et agomélatine dans la prévention de la dépression hivernale : a-t-on des données ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Le trouble affectif saisonnier (TAS) correspond à des épisodes dépressifs majeurs récurrents liés à une diminution de la lumière du soleil : ils commencent le plus souvent à l'automne ou à l'hiver et se terminent au printemps. Sa prévalence varie de 1,5% à 9% en fonction de la latitude et touche plus fréquemment les femmes. Il peut se manifester par une léthargie, une suralimentation, un besoin irrépressible de glucides et une humeur dépressive, voire une véritable dépression ayant un impact sur le quotidien.

En raison du caractère saisonnier et récurrent de ce trouble, un traitement préventif pourrait être mis en place chez les personnes ayant des antécédents de TAS. Pour cela, la mélatonine ou l'agomélatine peuvent être utilisées : une revue Cochrane a été réalisée pour évaluer leur rapport bénéfice/risque dans cette indication.

Cette revue prévoyait de comparer l’agomélatine et la mélatonine entre elles, ou par rapport à un placebo, ou par rapport à un autre traitement (antidépresseur, luminothérapie, psychothérapie ou modifications du mode de vie), mais après recherche dans les bases de données, il n’a été trouvé qu’une seule étude contrôlée randomisée qui remplissait les critères d’éligibilité définis. Elle comparait l'agomélatine (25 mg/j) à un placebo pendant un an et les 225 participants avaient tous des antécédents de dépression hivernale, mais n'étaient pas déprimés lorsque l'étude de prévention a débuté.

Les résultats de cette étude n’ont montré aucun effet clair en faveur ou en défaveur de l'agomélatine en tant que traitement préventif et aucune donnée probante sur la mélatonine pour la prévention du TAS n'a été identifiée. Il paraît donc utile d’informer les personnes ayant des antécédents de TAS que les données sur l'agomélatine ou la mélatonine en prévention de ce trouble ne sont pas concluantes et que le choix du traitement doit être principalement fondé sur les préférences des patients et tenir compte de toutes les options thérapeutiques disponibles.

Il serait utile que des études soient mises en place pour évaluer l'efficacité de l'agomélatine ou de la mélatonine dans la prévention du TAS en les comparant  directement à d'autres options thérapeutiques, comme la luminothérapie, les antidépresseurs ou les  psychothérapies, pour déterminer la meilleure option thérapeutique dans la prévention de ce trouble saisonnier. La HAS, par exemple, recommande la luminothérapie pour le traitement de la dépression saisonnière et la prévention des récidives.