Mélanome : le microbiote intestinal révèle un pouvoir à deux facettes !

  • Makaranka S & al.
  • Exp Dermatol

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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L’étiologie de la mélanogenèse est multifactorielle (exposition aux ultra-violets, nombre de naevi mélanonoctaires, antécédents familiaux et personnels de mélanome). Récemment le microbiome intestinal a été reconnu comme un acteur potentiel de la pathogenèse du mélanome. 

 

À ce jour, il n’est pas clair si le mélanome entraîne une altération du microbiote intestinal ou si la dysbiose intestinale favorise la carcinogenèse. Cependant les données suivantes mises en exergue dans une revue de la littérature publiée dans Experimental Dermatology méritent d’être soulignées :

  • Il a été observé que le microbiote intestinal changeait dans sa composition chez les sujets atteints de mélanome. En effet, le profil bactérien et fongique est significativement différent entre celui des patients atteints de mélanome et celui de ceux qui ne le sont pas. Le microbiote intestinal évoluerait parallèlement à l’évolution du mélanome, d’un stade in situ, invasif puis métastatique.
  • Le microbiote de patients atteints de mélanome montre une abondance de microorganismes de type Saccharomytecales et Prevotella.
  • Le microbiote intestinal peut favoriser le développement de tumeurs, en atteste la progression vers la malignité colique de souris nude ayant reçu des souches d’Escherichia coli hébergeant la polykétide synthase (pks+) alors que celles dépourvues d’E coli pks+ n’ont pas progressé vers la malignité. Ces résultats sont transposables à l’homme, puisque 67% des patients atteints de cancer colorectal hébergent des souches d’E. coli pks+ contre seulement 21% des sujets sains.
  • Lactobacillus reuteri FLRE5K1 pourrait stimuler la production de cytokines anti-oncogènes et prévenir l’apparition du mélanome.
  • L’appauvrissement du microbiote intestinal par antibiothérapie orale sur modèle animal porteur de métastases liées à un mélanome réduirait la charge tumorale suggérant une potentielle cible thérapeutique.
  • Plusieurs études ont mis en évidence que le microbiote intestinal pouvait avoir un impact sur l’immunité antitumorale et sur la réponse aux inhibiteurs de check point immunitaire.
  • D’autres travaux ont démontré que le microbiote intestinal jouait un rôle dans la réparation des dommages induits par la radiothérapie et la chimiothérapie et la modification du microbiote intestinal pourrait être une stratégie efficace pour faire face aux effets secondaires.