Méditer pour préserver ses capacités d’attention avec l’avancée en âge

  • Zanesco AP et al.
  • Journal of Cognitive Enhancement
  • 28 mars 2018

  • de Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Cette étude longitudinale a observé l’effet d’une pratique intensive et continue de la méditation sur les capacités d’attention de sujets sains, en cours de pratique et jusqu’à 7 ans après son arrêt. Une nette amélioration des performances est observée durant la période de pratique, et plus de la moitié de ce gain est encore conservée 2 ans après l’arrêt, suggérant un effet maintenu à long terme. De plus, les sujets qui poursuivent la pratique de la méditation durant la période de suivi conservent ce gain plus longtemps et la baisse de leurs performances liée à l’âge semble ralentie.

Pourquoi est-ce important ?

Le maintien prolongé de l’attention, et notamment les tâches d’inhibition qui nécessitent de corriger une réponse spontanée, demandent un effort soutenu qui devient plus difficile avec l’âge.

Des travaux de plus en plus nombreux suggèrent que la méditation de pleine conscience pourrait protéger les capacités d’attention et les fonctions exécutives du déclin cognitif lié à l’âge chez les sujets sains. Mais combien de temps perdure ce bénéfice une fois la période d’entraînement terminée ? Et dans quelle mesure le maintien d’une pratique régulière peut-il modifier le déclin naturel des fonctions cognitives ? Ces questions ont été encore peu explorées. Cette étude de suivi fait suite à de précédents travaux qui avaient mesuré les capacités d’attention au cours et après 3 mois de pratique intensive de méditation. Les résultats à plus long terme (7 ans) viennent d’être publiés.

Résultats

Au cours d’une période de retraite de 3 mois au cours de laquelle les participants pratiquaient la méditation de façon intensive, la précision de la réponse à une tâche d’inhibition a été accrue et, malgré l’atténuation avec le temps, un gain s’est maintenu durant au moins 4 ans.

Une réduction de la variabilité des temps de réponse (reflétant la capacité à maintenir une concentration soutenue pendant la durée du test) a également été observée pendant la retraite par rapport aux sujets contrôles, mais ce gain a été perdu au cours de la période de suivi.

Une diminution de la précision et de l’augmentation de la variabilité des temps de réponse a été observée durant la première année de suivi post-pratique, mais pas au cours de la retraite, suggérant un bénéfice possible d’une pratique régulière.

Les sujets contrôles ont participé dans un second temps à une nouvelle retraite avec pratique intensive de méditation. Comme pour le premier groupe, une amélioration des précisions de réponse a été observée durant la retraite et la baisse de vigilance en cours de test a été atténuée. Plus de la moitié de ce gain était encore conservé à 2 ans de suivi.

L’âge apparaissait comme un accélérateur de la baisse de performance dans les précisions de réponse, alors que le nombre d’heures de pratique au cours de la période agissait au contraire comme un ralentisseur de cette évolution naturelle. Ainsi, les sujets plus âgés, et dont le nombre d’heures de pratique était le plus bas, perdaient plus rapidement le bénéfice de leur retraite.

En termes de variabilité des temps de réponse, un plus faible nombre d’heures de pratique était associé à une baisse plus marquée des performances avec l’âge.

Méthodologie

Au cours de précédents travaux, 30 sujets avaient suivi une pratique intensive de méditation Shamatha au cours d’une retraite de 3 mois sous la houlette d’un enseignant  de méditation bouddhiste expérimenté. Ils avaient été évalués en début, en milieu et en fin d’intervention, et comparés à des sujets contrôles (sur liste d’attente pour la même intervention). Ces sujets contrôles avaient participé à la même retraite 3 mois après le premier groupe.

Puis tous ont été invités à des visites de suivi à 6 mois, 18 mois et 7 ans après la fin de l’intervention. La précision et le temps de réponse à une tâche d’inhibition étaient analysés.

Limitations

Les sujets testés étaient engagés dans une pratique intensive de la méditation, avec des temps de pratique imposés dans le cadre d’une retraite.