Médicaments anti-psychotiques : leur suivi cardio-métabolique doit être amélioré


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Les résultats d’une enquête réalisée pour une thèse de psychiatrie (Dr Marine Le Pierres) à partir des données de l’Assurance maladie ont montré que les recommandations de 2010 sur la surveillance biologique des patients traités par anti-psychotiques étaient insuffisamment respectées. Aussi l’ANSM a jugé bon de les rappeler.

Une prise de poids et des troubles des métabolismes glucidique et lipidique peuvent accompagner un traitement par anti-psychotiques, qu’ils soient de première ou de deuxième génération. Mais chez un patient donné, il est difficile d’établir dans quelle mesure ils découlent  des effets de son traitement ou sont liés à la maladie (alimentation déséquilibrée, sédentarité, accès aux soins souvent plus limité que pour la population générale).

Avant la mise sous traitement, il est donc important de rechercher les facteurs de risque de troubles cardio-métaboliques (antécédents médicaux, traitements en cours, mode de vie, en particulier alimentation, consommation d’alcool, tabac ou autres drogues, sédentarité). Il convient également de pratiquer un bilan clinique et biologique : indice de masse corporel, périmètre ombilical, pression artérielle, glycémie, cholestérol et triglycérides à jeun. Le patient et son entourage doivent être informés de l’importance d’adopter une hygiène de vie saine et de consulter rapidement en cas de survenue de symptômes évocateurs d’un diabète (polyurie, polydipsie, perte de poids).

Pendant le traitement, il convient de surveiller le poids (une prise de poids supérieure à 7% doit alerter le prescripteur), la glycémie, les lipides sanguins (cholestérol total, cholestérol LDL et HDL, triglycérides) et la pression artérielle. La fréquence des contrôles dépend des facteurs de risque trouvés initialement, des éventuels symptômes en cours de suivi et des médicaments anti-psychotiques prescrits. En cas d’anomalie, il faut rappeler au patient l’importance des règles hygiéno-diététiques, l’inciter à baisser ses consommations éventuelles d’alcool et de tabac.

La prise en charge associe psychiatre et médecin généraliste. Elle peut amener à orienter le patient vers un spécialiste.