Mauvaise observance pour le traitement médicamenteux préventif de la lithiase rénale

  • Dr Jean-Fred Warlin

  • JIM Actualités médicales
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La lithiase rénale (LR) est une maladie fréquente et récidivante (2 malades concernés sur 5 dans les 5 ans en l'absence de traitement). Trois familles de médicaments prétendent pouvoir diminuer ce risque : les diurétiques thiazidiques (DT), l'allopurinol, et les citrates de Na et de K (CNK). Dans des conditions idéales, ces traitements s'avèrent efficaces (> 72 % succès), mais c'est compter sans la mauvaise observance rencontrée en pratique réelle, quelle que soit d'ailleurs la pathologie (hypercholestérolémie, diabète). De plus, le patient ne se préoccupe souvent pas d'une récidive radiologique de sa lithiase ; seule lui importe une récidive clinique symptomatique. Les auteurs ont comparé les résultats de 2 groupes de malades, selon qu'ils suivaient scrupuleusement ou non les ordonnances qui leur avaient été prescrites.

Moins bonne adhésion = plus de récidives, CQFD

Ils ont retenu les patients de 18 à 64 ans auxquels un traitement préventif de récidive de LR avait été prescrit (entre 2002 et 2006) dans les 6 mois après une colique néphrétique et qui bénéficiaient d'une couverture sociale. Le degré d'adhésion au traitement a été évalué sur le rapport entre la durée de traitement prescrite et la durée de traitement effectivement suivie et exprimé par le « nombre de jours couverts (NJC) » (ex. un traitement suivi 30 j sur 2 mois = NJC de 50 %). L'observance a été estimée satisfaisante quand à > 80 %. Les consultations en urgence, hospitalisations ou interventions pour LR sur 2 ans de suivi ont été notées.

Au total, 8 890 patients se sont vu proposer un traitement médicamenteux soit par une seule classe thérapeutique (84 %), soit par une combinaison. En monothérapie, la prescription la plus fréquente était celle de DT (56 %). A peine 51 % des patients se sont conformés à leur prescription (NJC > 80 %) (G1), les autres 49 % (G2) ne s'y soumettant que peu ou prou. Les patients G1 étaient plus âgés, plus souvent salariés à temps partiel, et mieux assurés.

Les G1 ont significativement moins eu besoin de consultations en urgence, d'hospitalisations ou de chirurgie que les G2, et ceci quelle que soit la classe pharmacologique du produit prescrit ; toutefois, la prescription de CNK a semblé mettre mieux à l'abri d'une chirurgie ultérieure que les autres classes.

Cette étude fait clairement ressortir à quel point il conviendrait d'obtenir que les malades adhèrent davantage à leurs prescriptions afin d'améliorer leurs résultats.