Matières grasses végétales ou laitières : pas de réelle différence pour le LDL-c

  • Bard JM & al.
  • Eur J Clin Nutr
  • 11 nov. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir
L’influence de la nature des acides gras saturés consommés sur le bilan lipidique est sujet à controverse. Une équipe française a souhaité comparer celle d’une alimentation isocalorique, isolipidique et isopalmitique selon l’origine des acides gras (végétale ou laitière) chez des sujets ayant un taux de LDL-c légèrement élevé. Après 8 semaines, le LDL-c, le HDL-c et les triglycérides (TG) étaient comparables entre les différents régimes expérimentaux testés. Les taux en ApoC3, en CRP et en cholestérol total semblaient supérieurs dans un groupe consommant des matières grasses d’origine laitière mais l’étude n’était pas profilée pour en confirmer la significativité. D’autres études devront en confirmer l’importance.

Méthodologie
L’étude a été menée auprès de 173 patients qui ont été recrutés sur la base de critères d’inclusion relatifs à l’âge (18-70 ans), l’IMC (18-30 kg/m²), le bilan lipidique (LDL-c 1,30-2,20g/L, TG≥ 3g/L) et le profil clinique (pas ou peu fumeurs, sans diabète ou traitement hypolipémiant, consommation de 1800-2700 kCal/j).
Ils ont été randomisés entre différents régimes alimentaires comportant le même apport énergétique total que celui habituellement consommé, avec une proportion constante de lipides (38% de l’apport énergétique total) mais au sein de laquelle la nature des acides gras variait : matière grasse d’origine végétale (stéarine, huile de palme) ou laitière d’hiver, de printemps ou d’hiver enrichie en calcium. Les données ont été analysées à l’inclusion puis 8 semaines plus tard.

Principaux résultats
Au total, 154 des 173 sujets ont été intégrés dans l’analyse per protocole (2/3 de femmes). Après randomisation entre les différents bras de l’étude, l’âge, le tabagisme, le LDL-c et le sex-ratio étaient similaires à l’inclusion d’un groupe à l’autre.
À 8 semaines, les taux de LDL-c et de HDL-c ne semblaient pas statistiquement différents entre le groupe acides gras végétaux et les 3 autres groupes en analyse per protocole comme en intention de traiter. Cependant, l’étude étant profilée pour observer une différence de 5% sur le taux de LDL-c, et non pour prouver leur équivalence, de nouvelles études seraient utiles. Par ailleurs, la comparaison statistique a montré une différence des taux d’ApoB, d’ApoC3 et de CRP entre les 4 régimes d’acides gras, mais aucune significativité n’a été observée deux à deux.
Seul le cholestérol total et les triglycérides tendaient à être différents entre les 4 groupes, les comparaisons deux à deux montrant une légère différence significative entre le taux de cholestérol total des sujets du groupe produits laitiers de printemps et matières grasses végétales.
Aucun bénéfice n’a été observé avec les matières grasses laitières de printemps, alors qu’elles sont plus riches en certains acides bénéfiques (oléique, linolénique, alpha-linoléniques…).

Financement
L’étude a été sponsorisée par Biofortis.