Maladies neurodégénératives : bientôt un simple test sanguin prédictif ?

  • Preische O & al.
  • Nat Med
  • 21 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Univadis Résumés Cliniques
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À retenir

Les travaux de chercheurs internationaux du réseau Dominantly Inherited Alzheimer Network ont permis d’établir que l’évolution du taux sanguin en neurofilaments à chaînes légères (NfL) constitue un biomarqueur de la neurodégénérescence liée à la maladie d’Alzheimer familiale jusqu’à 16 ans avant le début des symptômes. En effet, le lien entre la dynamique d’évolution de ce biomarqueur et l’évolution de l’amincissement cortical au niveau du précunéus a été identifié.

Les NfL, qui sont des constituants du cytosquelette axonal, constituent un biomarqueur non spécifique de la maladie d’Alzheimer, car ils sont plus largement représentatifs du phénomène de neurodégénérescence et de modification du volume cérébral. L’association de ces derniers avec le taux de NfL a déjà fait l’objet d’études dans la sclérose en plaques, la maladie de Huntington ou les traumatismes cérébraux. Mais l’originalité de ce résultat est d’avoir démontré que l’évolution de la concentration de NfL dans le temps possède une valeur prédictive supérieure à celle associée aux valeurs absolues, moins discriminantes.

Peu onéreuse, et facile à mettre en œuvre, cette analyse pourrait donc entrer en clinique rapidement, afin de suivre l’évolution du phénomène ou identifier les personnes au stade présymptomatique. Avant cela, plusieurs étapes devront néanmoins être franchies (détermination de la période à laquelle les taux d’évolution sont les plus prédictifs de neurodégénérescence, transposition à la maladie d’Alzheimer sporadique, aux autres tauopathies puis aux autres pathologies neurodégénératives ...)

En détail...

  • Les chercheurs ont décrit une association forte entre le taux de NfL sérique ou plasmatique et celui des NfL dans le LCR, ce dernier étant connu pour refléter la neurodégénérescence cérébrale dans la maladie d’Alzheimer familiale comme sporadique.

  • Dans un second temps, ils ont mené une étude à partir des bilans réalisés au cours du suivi de plusieurs années de la cohorte prospective DIAN (Dominantly Inherited Alzheimer’s Network, familles touchées par des mutations autosomiques dominantes associée à une forme familiale). Ils ont décrit que la concentration sanguine en NfL était supérieure à l’inclusion chez les porteurs de mutations par rapport aux sujets non porteurs (contrôles). Les sujets contrôles présentaient un taux relativement stable au cours du temps alors qu’il augmentait progressivement chez les sujets porteurs de mutations. La différence en termes de modification annuelle du taux de NfL était identifiable jusqu’à 16 ans avant l’apparition des symptômes.

  • Parmi ceux qui étaient porteurs de mutations, la dynamique annuelle de progression de la concentration en NfL permettait de distinguer ceux qui présentaient des symptômes dès l’inclusion de ceux qui avaient développé des symptômes au cours du suivi : l’évolution annuelle de la concentration en NfL était supérieure pour ceux qui avaient développé la maladie au cours du suivi à celle observée chez ceux qui présentaient déjà des symptômes à l’inclusion. Chez ces derniers, les taux absolus de NfL étaient élevés, mais la dynamique du taux annuel atteignait un plateau.

  • L’évolution du taux en NfL apparaissait associée à l’amincissement cortical mesuré au niveau du précunéus, et le taux de NfL à l’inclusion était prédictif du taux annuel d’amincissement du précunéus chez les sujets symptomatiques comme présymptomatiques. Les chercheurs ont finalement vérifié cette association de façon prospective auprès d’une petite cohorte de sujets porteurs de mutations (n=39, suivi 2,1 ans en moyenne)