Maladies inflammatoires : l’obésité et la réponse aux agents biologiques


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une méta-analyse suggèrent que le pourcentage de patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR) atteignant une bonne réponse clinique ou la rémission sous anti-TNF serait moins élevé en cas d’obésité, alors que ce ne serait pas le cas avec l’abatacept et le tocilizumab. Le taux de bons répondeurs dans la spondyloarthrite (SpA) axiale serait également significativement diminué chez les sujets obèses traités par anti-TNF par rapport aux non-obèses. En revanche, les données étaient moins robustes pour la maladie de Crohn (MC), le psoriasis et le rhumatisme psoriasique. Les auteurs évoquent que l’effet de l’inhibition du TNF serait altéré par l’obésité mais pas la co-stimulation des lymphocytes T (par l’abatacept), ni l’inhibition de l’interleukine 6 (par le tocilizumab). Ces résultats suggèrent qu’il pourrait y avoir un intérêt à individualiser la stratégie thérapeutique en fonction de l’IMC des patients. D’autres études ont par ailleurs montré qu’une perte de poids améliorait la réponse aux anti-TNF chez les patients en surpoids ou obèses souffrant de rhumatisme psoriasique ou de psoriasis, ce qui constituerait une autre alternative.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

De nombreuses études ont suggéré qu’il existait un lien entre obésité et auto-immunité, favorisant le risque de maladies inflammatoires dont la PR, la MC, la sclérose en plaque, la SpA axiale, le psoriasis et le rhumatisme psoriasique. Certaines données de la littérature ont montré que l’obésité influencerait l’efficacité des anti-TNF, mais pas celle des agents agissant sur la co-stimulation des lymphocytes T, ou sur le récepteur de l’IL-6. Il était utile de réaliser une méta-analyse sur le sujet afin de tenir compte des données les plus robustes disponibles à ce jour.

Méthodologie

Une analyse de la littérature a été menée pour identifier les articles les plus pertinents ayant évalué une réponse clinique à des agents biologiques (DMARDb) chez des sujets obèses (IMC >30 kg/m2versus des sujets ayant un IMC plus faible. Les données concernant la réponse clinique et la rémission ont été évaluées à travers une méta-analyse.

Principaux résultats

Au total, les données de 24 articles ont été incluses dans cette méta-analyse. Différentes pathologies étaient concernées : la polyarthrite rhumatoïde (n=10), la SpA axiale (n=4), la MC (n=4), le psoriasis (n=4) et le rhumatisme psoriasique (n=2). Les agents biologiques évalués (DMARDb) étaient les suivants : les inhibiteurs du TNF, l’abatacept, le tocilizumab et le rituximab. 

  • Dans la polyarthrite rhumatoïde, le taux de bons répondeurs au traitement était diminué de 66% (OR 0,34 [0,18-0,64]) chez les sujets obèses traités par anti-TNF et de 82% (OR 0,18 [0,04-9,76]) sous rituximab, mais aucune différence significative n’a été mise en évidence sous abatacept et tocilizumab entre les populations obèses et non obèses. Toujours dans la PR, le taux de patients ayant atteint la rémission était diminué de 64% (OR 0,36 [0,21-0,59]) chez les sujets obèses et aucune différence significative n’a été mise en évidence chez les patients traités par abatacept, tocilizumab ou rituximab. 
  • Le pourcentage de patients répondeurs au traitement était moins important lorsque ceux-ci étaient obèses et traités par anti-TNF ou rituximab. En revanche, aucune différence significative n’a été mise en évidence en fonction de l’IMC sous abatacept ou tocilizumab. 
  • Dans la SpA axiale, le taux de patients atteignant un BASDAI50 était significativement diminué (-59%, forte hétérogénéité des données) chez les sujets obèses traités par anti-TNF par rapport aux sujets non-obèses.
  • Dans la maladie de Crohn, le psoriasis, le rhumatisme psoriasique les données étaient moins probantes.

Principales limitations

De nombreuses études incluses étaient rétrospectives et les effectifs ayant évalué le tocilizumab et le rituximab étaient faibles. Ainsi, des études longitudinales prospectives et puissantes sont souhaitées pour confirmer ces résultats.  

Financement

Étude financée par Natural Science Foundation of China.