Maladies inflammatoires chroniques : l’évolution du COVID-19 dépend du traitement

  • Izadi Z & al.
  • JAMA Netw Open

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Selon une étude internationale conduite chez plus de 5.000 personnes atteintes d’une maladie inflammatoire chronique (intestinale, rhumatologique, cutanée), la prise d'un anti-TNF seul est associée à un risque réduit d'hospitalisation ou de décès liés au COVID-19, par rapport à d'autres traitements immunomodulateurs. 

  • Par ailleurs, lorsque l’anti-TNF était associé à d’autres immunomodulateurs, le risque n’était pas le même, et était notamment accru en combinaison avec azathioprine/6-mercaptopurine. 

  • Les avantages et risques associés au traitement de l’inflammation chronique doivent être soupesés avec le patient en période pandémique.

 

L’impact d’un traitement prévalent par anti-TNF sur l’évolution du COVID-19 en cas d’infection par le SARS-CoV-2 reste incertain, car les différentes études publiées dans le domaine des pathologies intestinales ou du psoriasis conduisent à des conclusions contradictoires. Aussi, des chercheurs internationaux ont réalisé une analyse en poolant trois registres internationaux afin de disposer d’une puissance statistique suffisante.

Méthodologie

Les registres GRA (Global Rheumatology Alliance), SECURE-IBD (Secure Epidemiology of Coronavirus Under Research Exclusion for Inflammatory Bowel Disease) et PsoProtect (psoriasis) ont été exploités : tous les patients adultes atteints d’une pathologie inflammatoire chronique et ayant eu un diagnostic confirmé de COVID-19 entre mars 2020 et février 2021 ont été identifiés. L’évolution de la maladie a été analysée et comparée selon la nature du traitement prévalent de la maladie inflammatoire (anti-TNF seul ou en association, méthotrexate…).

Principaux résultats

Au total, l’étude a inclus 6.077 patients (52,9% d’européens, âge moyen 48,8 ans, 58,6% de femmes). Un anti-TNF était prescrit en monothérapie chez 2.844 d’entre eux. Ces derniers avaient un risque d'hospitalisation ou de décès liés au COVID-19 qui était plus faible que celui des sujets traités par d’autres médicaments : ainsi, comparativement, le risque d'hospitalisation ou de décès était plus élevé chez ceux sous monothérapie de méthotrexate (OR 2,00 [1,57-2,56], p< 0,001), azathioprine/6-mercaptopurine (OR 1,84 [1,30-2,61], p= 0,001) ou inhibiteur de JAK (OR 1,82 [1,21-2,73], p= 0,004). Sur le plan des associations, ceux sous anti-TNF et azathioprine/6-mercaptopurine avaient un risque 1,7 fois plus élevé que ceux sous anti-TNF seul (OR 1,74 [1,17-2,58], p=0,006). En revanche, la différence n’était pas statistiquement significative concernant l’association avec le méthotrexate (OR 1,18 [0,85-1,63], p= 0,33).

Ces différences de pronostic pourraient reposer sur un bénéfice propre des anti-TNF, puisque des taux élevés de TNF lors de l'admission pour COVID-19 ont été associés à un sur-risque de complication ou d’évolution défavorable, ou encore à un effet propre délétère des autres immunomodulateurs utilisés.