Maladies à déclaration obligatoire : la rubéole en fait désormais partie !


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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A retenir :

  • En France, jusqu’ici, la rubéole n’était pas surveillée en population générale
  • Depuis le mois de mai, cette infection fait désormais partie des maladies à déclarations obligatoires
  • Le but ultime est l’élimination de cette maladie sur notre territoire

 

Depuis le mois de mai, la rubéole fait désormais partie des maladies à déclarations obligatoires en France. Cette décision a été officialisée par la parution d’un décret  qui fait suite à un rapport du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) datant de 2017.

La rubéole est une maladie très généralement bénigne, asymptomatique dans près de 50 % des cas mais si l’infection survient pendant les premiers mois de la grossesse, elle peut être responsable de morts fœtales ou de rubéoles congénitales malformatives. Dans la perspective d’une élimination de la rubéole congénitale en France, le vaccin anti-rubéoleux a été introduit auprès des jeunes filles dès 1970, puis dans le calendrier vaccinal du nourrisson en 1983 en association avec la rougeole puis avec les oreillons trois ans plus tard (vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole : ROR).

En 2005, dans le cadre du plan d’élimination de la rougeole et de la rubéole congénitale en France 2005-2010, de nouvelles mesures vaccinales ont été préconisées avec notamment un rattrapage avec le vaccin trivalent de toutes les personnes nées à partir de 1980. Ces mesures avaient pour objectif d’augmenter la couverture vaccinale anti-rubéoleuse des femmes en âge de procréer.

Aujourd’hui, le vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole fait partie des vaccinations désormais obligatoires pour tous les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018.

En France, jusqu’ici, la rubéole n’était pas surveillée en population générale, mais, du fait de sa gravité lorsqu’elle est contractée au cours de la grossesse, une surveillance nationale des infections rubéoleuses materno-foetales avait été instaurée dès 1976 (Réseau Renarub). Celle-ci repose sur le réseau des laboratoires de biologie médicale et d’après les résultats de cette surveillance, depuis 2006, le nombre annuel d’infections maternelles recensées est inférieur à 15, le nombre connu de grossesses interrompues dans un contexte d’infection maternelle inférieur ou égal à 3, le nombre d’infections congénitales inférieur ou égal à 5 et le nombre de nouveau-nés atteints de rubéole congénitale malformative (RCM) inférieur ou égal à 3. La situation française est donc proche de l'élimination et la charge de travail liée à la nouvelle déclaration obligatoire devrait être limitée.

Compte tenu de l’excellente efficacité du vaccin, la déclaration obligatoire est ciblée sur la confirmation du diagnostic de rubéole chez des personnes non correctement vaccinées ou sans preuve d’immunité antérieure. La confirmation pourrait être biologique ou par un lien avec un cas confirmé biologiquement.

Les objectifs de cette déclaration obligatoire sont d’identifier les éventuels cas groupés de rubéole en population générale, témoignant d’une circulation localisée du virus. A partir des informations générées, des actions de promotion de la vaccination pourront être menées dans l’optique de la prévention des rubéoles materno-fœtales. Le but ultime est l’élimination de la rubéole qui sera également facilitée par les nouvelles recommandations vaccinales chez les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018.

Une fiche modèle pour cette déclaration est disponible sur le site de Legifrance.