Maladie de Verneuil : Rappels de prise en charge

  • van Straalen KR & al.
  • Br J Dermatol
  • 7 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Diagnostic

  • Si le diagnostic de maladie de Verneuil, ou hidradénite suppurée (HS) est essentiellement clinique, plusieurs investigations complémentaires peuvent participer à l’évaluation initiale et à l’orientation thérapeutique :

    • l’échographie permet d’identifier les modifications péri-lésionnelles des follicules pileux, avec un épaississement cutané significatif. L’imagerie peut aussi participer à l’identification de lésions non détectables cliniquement.

    • l’imagerie par résonance nucléaire permet de différencier une HS périanale d’une maladie de Crohn et peut aussi faciliter l’évaluation de la gravité de l’atteinte cutanée.

  • le recours aux examens microbiologiques n’a pas d’utilité dans ce contexte.

Objectifs thérapeutiques

  • L’objectif du traitement médical est de limiter l'incidence et la durée des poussées, de réduire l'inflammation et la suppuration, et d’améliorer la qualité de vie. Celui du traitement chirurgical est de retirer la peau lésée, permettant fréquemment d’obtenir une guérison locale.

  • L'inflammation et la suppuration motivent la prescription d’un traitement anti-inflammatoire. Lorsque le score de sévérité de la maladie est de II (échelle Hurley allant de I à III), le traitement anti-inflammatoire est utilisé comme traitement d'induction pré-opératoire.

  • L’évaluation de l'efficacité thérapeutique reste encore difficile, face à l’absence d’échelles simples et complètes permettant d’évaluer l’atteinte des objectifs thérapeutiques. L’HiSCR (Hidradenitis Suppurativa Clinical Response) ou l’IHS4 (International Hidradenitis Suppurativa Severity Score System) constituent cependant les outils les plus complets à ce jour. Parallèlement, plusieurs outils ont été développés récemment pour conduire l’évaluation des résultats rapportés par les patients (patient-reported outcome measures) et leur nombre peut rendre difficile la comparaison des résultats en recherche clinique. Aussi, le groupe HISTORIC (HIdradenitis SuppuraTiva cORe results set International Collaboration) travaille actuellement à développer un score combinant à la fois l’évaluation clinique et celle rapportée par les patients.

Prise en charge

  • Des algorithmes de traitement ont été publiés par plusieurs groupes, dont le plus récent est issu d’une équipe néerlandaise [1].

  • La perte de poids et le sevrage tabagique ont été décrits comme pouvant améliorer le pronostic de la maladie.

  • Les données les plus récentes concernant le résorcinol et la clindamycine topique concluent à une amélioration de la maladie de Verneuil à un stade léger à modéré.

  • Les antibiotiques systémiques sont généralement prescrits pour leurs propriétés anti-inflammatoires. La clindamycine, la rifampicine ou les tétracyclines ont fait l’objet de publications sur le sujet mais aucune n’apporte de preuves suffisamment étayées pour préconiser une molécule par rapport à une autre.

  • Côté biothérapie, l’adalimumab est le seul traitement ciblé actuellement autorisé dans la prise en charge des formes modérées à sévères. Des données concluantes ont été obtenues dans des essais cliniques ayant évalué d’autres anti-TNF alpha (étanercept, infliximab) dans le même contexte. De même, l’anakinra (anti-IL1) et l’ustékinumab (anti IL12/IL23) ont tous deux montré une efficacité dans deux petites études cliniques. Enfin, de nouvelles molécules (bimékizumab, aprémilast, Ac anti-C5a…) font aujourd’hui l’objet d’investigations.

  • Parallèlement, d’autres options thérapeutiques ont été évaluées et peuvent apporter un bénéfice dans certains contextes : ainsi, si l’isotrétinoïne n’a pas d’efficacité démontrée, l’acitrétine et l’alitrétinoïne peuvent présenter un intérêt chez certains patients. La metformine, de par ses propriéétés anti-inflammatoires, peut constituer un traitement adjuvant chez les sujets prédiabétiques. La dapsone peut être utilisée comme alternative aux antibiotiques. Le gluconate de zinc peut être efficace en cas d’inflammation légère à modérée de l’HS. Enfin, les contraceptifs oraux constituent une alternative chez les sujets présentant une variation mensuelle de la symptomatologie. En cas de lésions douloureuses peu nombreuses, les corticoïdes peuvent être administrés en intralésionnel.

Approche chirurgicale et traitements physiques

  • L’excision locale ou large selon la sévérité des lésions permet soulager la douleur et guérir localement la maladie, et, d’éviter la récidive si le geste a été suffisant. Le deroofing (retrait de la peau des zones inflammatoires) peut aussi aider à réduire ce risque. La cicatrisation d'intention secondaire après une large excision, en revanche, n'a pas été suffisamment étudiées pour conclure à son sujet.

  • L’excision par laser CO2, par laser YAG ou la photothérapie dynamique ont toutes trois démontré un bénéfice clinique dans une ou plusieurs études cliniques regroupant de petites effectifs.