Maladie de Lyme en ville et à l’hôpital : tendances des dix dernières années

  • Septfons A & al.
  • Euro Surveill
  • 1 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

L’analyse de l’incidence des formes locales ou disséminées de maladie de Lyme recensées en France, qui a été publiée dans Eurosurveillance, permet de mettre en évidence plusieurs éléments épidémiologiques importants. Le premier est l’augmentation de l’incidence des cas en soins primaires en 2016, non accompagnée d’une évolution de celle liée aux hospitalisations. Pour les auteurs, ceci pourrait découler d’un biais de surveillance lié à la médiatisation du Plan National dédié à la maladie et/ou d’une augmentation réelle des cas qui, ayant reçu les soins appropriés, ne se seraient pas traduits en hospitalisation. Le second est la meilleure connaissance des cas ayant nécessité une hospitalisation, étant donné les rares études d’envergure nationale ayant été publiées jusqu’à présent sur le sujet.

De telles données peuvent notamment permettre aux pouvoirs publics de concentrer leurs efforts en matière de prévention ou de surveillance au niveau des régions les plus touchées (Alsace et Limousin particulièrement).

Incidence et présentation des cas en soins primaires

  • Les données du réseau Sentinelles 2011-2016 ont permis d’identifier 932 cas rapportés de borréliose de Lyme, parmi lesquels 667 cas ont été confirmés (53% de femmes, 54 ans en moyenne).

  • Les cas de borréliose confirmés étaient des formes localisées (érythème migrant) et uniques dans 95% et 96% des cas respectivement. Ils présentaient une croissance centrifuge et un diamètre supérieur à 5 cm dans respectivement 94 et 75% des cas. Au total, 5% (n=34) des cas confirmés étaient des formes disséminées, se manifestant sous une forme articulaire (arthrite) pour la moitié d’entre eux.

  • Le taux d’incidence annuel était compris entre 41 et 84 cas pour 100.000 entre 2011 et 2016, avec une augmentation significative en 2016. Par ailleurs, l’analyse démographique a mis en évidence un chiffre particulièrement plus élevé chez les 60-69 ans (131 cas/100.000). En termes géographiques, un taux d’incidence maximal a été observé en Alsace et dans le Limousin (148 et 239 cas/100.000 respectivement) avec, à l’inverse, de très rares cas en PACA et Pays de la Loire (8 et 5 cas respectivement).

Incidence et présentation des cas hospitalisés

  • Les données du PMSI 2005-2016 ont permis d’identifier 9.594 cas rapportés d’hospitalisation pour borréliose de Lyme (57% d’hommes), soit 963 cas par an en moyenne (entre 1,1 et 1,5/100.000, sans tendance significative sur la période concernée). Les principaux motifs d’hospitalisation étaient les troubles neurologiques (51%) puis les arthrites (13%) liés à l’infection. Parmi les 4.906 cas de neuroborréliose hospitalisés (58% d’hommes, âge médian 52 ans), 37% présentaient une paralysie faciale et 35% une méningite.
  • Géographiquement, le taux d’incidence des hospitalisations était maximal dans le Limousin (4,2 cas/100.000). Par ailleurs, si l’âge médian des cas était de 51 ans, les 5-9 ans et les 70-79 ans étaient les plus fréquemment concernés par les hospitalisations. Les premiers présentaient plus souvent des troubles neurologiques que les autres, tandis que les seconds présentaient plus souvent des troubles cardiaques que les autres. Mais in fine , ces deux tranches d’âge présentaient un risque accru de neuroborréliose par rapport aux autres groupes d’âge (OR : 3,02 [2,41-3,78] et 1,94 [1,58-2,39] respectivement).