Maladie de Crohn : utilisation précoce du védolizumab et recours à la chirurgie à long terme

  • Dulai PS & al.
  • J Crohns Colitis
  • 21 juil. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les analyses post-hoc des études de phase 3 GEMINI et du programme de sécurité à long terme du védolizumab montrent :

  • l’utilité d’un outil d’aide à la décision clinique validé permettant de prédire la réponse des patients souffrant de maladie de Crohn (MC) à un traitement par védolizumab,
  • l’intérêt d’un traitement par védolizumab pour diminuer le recours à la chirurgie chez les sujets atteints de la MC, en particulier lorsque ce traitement est initié précocement (≤2 ans post-diagnostic) et chez les sujets qui ont le plus de chance de répondre à ce traitement.

Méthodologie

Ces analyses post-hoc des études de phase 3 GEMINI et du programme de tolérance à long terme du védolizumab ont été réalisées à partir des données de 1.253 patients souffrant de MC et traités précocement par cette molécule (≤2 ans ou ≤5 ans après le diagnostic de la maladie). Les patients ont été stratifiés en fonction de la probabilité de leur réponse au védolizumab (selon un outil spécifique validé au préalable). L’évaluation a porté sur l’association entre une utilisation précoce de védolizumab et le taux de rémission clinique (définie par un score CDAI≤150), de rémission sans corticoïde, et de chirurgie pour MC.

Principaux résultats

L’âge moyen de la population était de 36,5 ans (44,9% d’hommes) et le délai moyen entre le diagnostic et l’inclusion dans l’étude de 9,6 ans. La majorité des sujets (65,6%) étaient en échec d’un traitement par anti-TNF et plus de la moitié recevait un traitement concomitant par corticoïdes au moment de l’initiation du védolizumab. Au global, 28,1%, 50,8% et 20,8% des sujets ont été classés comme étant respectivement potentiellement faiblement répondeurs, modérément répondeurs et fortement répondeurs à un traitement par védolizumab.

Sur un suivi de 7 ans, 9,0% de l’ensemble des sujets ont eu besoin d’une intervention chirurgicale pour leur MC (58,4% une résection intestinale et 41,6% une colectomie). 

Quelle que soit l’ancienneté de la maladie, par rapport à ceux qui avaient une forte probabilité de réponse au védolizumab, ceux qui avaient une probabilité faible à modérée avaient 56% et 69% de chances en moins d’atteindre la rémission clinique et la rémission sans corticothérapie. Les sujets ayant une forte probabilité de réponse au védolizumab et qui le recevaient dans les deux premières années post-diagnostic avaient significativement plus de chance d’atteindre la rémission clinique que les autres.

Le risque de recourir à une chirurgie était diminué de moitié chez ceux ayant une forte probabilité de réponse au traitement par rapport à ceux qui avaient une probabilité de réponse faible à modérée (hazard ratio 0,50 [0,29-0,85].

Pour les sujets qui avaient une probabilité de réponse au védolizumab considérée comme faible à modérée, le risque de chirurgie était diminué de 23% et 39% lorsque le traitement avait été initié respectivement dans les deux ans et cinq ans post-diagnostic de la maladie.

Limitations

Ces données sont issues d’analyses en post-hoc.

Financement

Étude financée par Takeda.