Maladie de Crohn : des chercheurs ont identifié des facteurs de risque de reprise chirurgicale

  • Coletta M & al.
  • Dig Liver Dis
  • 4 août 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Les résultats montrent qu’un diagnostic à 40 ans ou moins, un tabagisme actif, une première résection colique ou iléo-colique (par rapport à une résection au niveau iléal) et l’absence de traitement par immunosuppresseur ou agent biologique après l’intervention chirurgicale constituaient des facteurs de risque de nouvelle intervention chirurgicale chez les patients souffrant de la maladie de Crohn. Ces données montrent qu’en dépit des avancées médicales et chirurgicales, un contrôle de l’activité de la maladie est toujours nécessaire après une résection chirurgicale.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Près de la moitié des patients atteints d’une maladie de Crohn ont besoin d’une intervention chirurgicale dans les 10 ans post-diagnostic. Ce traitement n’est en revanche pas curatif, et le patient n’est pas à l’abri d’une récidive. Alors que l’incidence et les facteurs de risque d’une récidive clinique et endoscopique sont bien évalués, peu de données existent concernant la nécessité d’une nouvelle intervention chirurgicale après une première résection. La nécessité d'une cohorte importante et d’un long suivi ont été jusqu’à présent les principaux freins à la réalisation d’une telle étude. D’où l’intérêt des résultats présentés ici, même si l'étude est rétrospective et monocentrique. 

Méthodologie

Étude de large envergure, rétrospective, monocentrique, portant sur une cohorte de patients adultes souffrant de maladie de Crohn (iléale et colique) ayant eu une intervention chirurgicale entre 2004 et 2016, et bénéficiant de données de suivi sur au moins une année post-résection. Des analyses par régression linéaire ont été menées pour évaluer l’association entre la récidive de résection et un certain nombre de paramètres (sexe, âge au moment du diagnostic, durée et localisation de la maladie, statut tabagique, traitements concomitants).

Principaux résultats

Au total, 193 patients ont été inclus sur les 395 éligibles. La population incluse était constituée de 86 femmes et l’âge moyen était de 52 ans.

La réactivation de la maladie de Crohn concernait 53% des patients qui avaient subit une première résection sur un suivi médian de 56 mois. Si une prise en charge thérapeutique suffisait pour 71% de ces patients, 29% avaient besoin d’une seconde intervention chirurgicale.

Le tabagisme actif, un jeune âge au moment du diagnostic (≤40 ans) étaient des facteurs indépendants de rechute opératoire (p=0,01). Le temps médian de récidive chez les fumeurs était de 45 mois contre 82 pour les non-fumeurs.

Une résection colique ou iléo-colique multipliait par un facteur 3 le risque de récidive (HR 3,0 [1,4-6,2], p=0,004) par rapport à une résection iléale, et l’absence de traitement par immunosuppresseur ou traitement biologique après chirurgie par plus de 2 (HR 2,3 [1,0-5,3], p=0,05).