Maladie de Basedow : quelle priorité ?

  • Okosieme OE & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 1 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude évaluant les traitements de la maladie de Basedow montrent pour la première fois que quel que soit le type de traitement, un contrôle précoce et complet de l’hyperthyroïdie est associé à une augmentation de la survie par rapport à un contrôle moins efficient. Ces données suggèrent qu’un contrôle rapide et soutenu de l’hyperthyroïdisme devrait être la priorité de la prise en charge de cette pathologie, notamment en proposant un traitement par iode radioactif aux patients qui ne parviennent pas à la rémission avec un traitement antithyroïdien seul.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les patients souffrant de maladie de Basedow et dont l’hyperthyroïdie n’est pas contrôlée ont un risque de mortalité et de morbidité cardiovasculaire augmenté. La maladie de Basedow est traitée en routine par des médicaments antithyroïdiens, par l’utilisation d’iode radioactif ou encore par l’ablation chirurgicale de la thyroïde. Or, il existe peu de données dans la littérature concernant les conséquences à long terme de ces différents traitements.

Méthodologie

Cette étude de cohorte rétrospective a été menée chez des individus dont le diagnostic d’hyperthyroïdie avait été réalisé entre le 1erjanvier 1998 et le 31 décembre 2013 dans le sud du Pays de Galles ou au Royaume-Uni. Les données des patients identifiés comme ayant une maladie de Basedow (définie par un test de recherche d’anticorps anti-récepteur à la THS) ont été rapprochées de celles d’un répertoire national de données sociales et de santé (SAIL pour Secure Anonymised Information Linkage). Les sujets malades ont été appariés sur l’âge et le sexe à une population contrôle (1:4) issue de la base SAIL. Les patients ont été regroupés en fonction du traitement qu’ils avaient reçu dans l’année post-diagnostic en un groupe traitement antithyroïdien, un groupe iode radioactif avec résolution de l’hyperthyroïdisme et un troisième groupe avec iode radioactif sans résolution de l’hyperthyroïdie.

Principaux résultats

Au total, les données de 4.189 patients souffrant de maladie de Basedow et de 16.756 sujets contrôles ont pu être analysées, avec un suivi allant de 6 mois à 16,8 ans. La plupart des individus étaient des femmes (81,5%) et la majorité des sujets avaient entre 30 et 60 ans au moment du diagnostic. Parmi les patients, 73,9% avaient eu un traitement antithyroïdien, 19,8% un traitement par iode radioactif et 6,3% une thyroïdectomie. 3.587 étaient dans le groupe traitement antithyroïdien, 250 dans le groupe iode radioactif avec résolution de l’hyperthyroïdie et 182 dans le groupe iode radioactif sans résolution de l’hyperthyroïdie. Par rapport au groupe contrôle, les patients atteints de maladie de Basedow avaient une augmentation de 22% du risque de mortalité toutes causes confondues : hazard ratio (HR) 1,22 [1,05-1,42].

Par rapport aux patients traités par médicaments antihyperthyroïdiens, ceux traités par iode radioactif avec résolution de l’hyperthyroïdie avaient un risque de mortalité divisé par deux (HR 0,50 [0,29-0,85]), alors que ceux du groupe iode radioactif sans résolution de l’hyperthyroïdie n’avaient pas de modification de la mortalité (HR 1,51 [0,96-2,37]).

Par rapport aux patients traités par médicament, les patients traités par iode radioactif et ayant une hyperthyroïdie résolue, le risque d’événement cardiovasculaire était diminué de 41%, (HR 0,59 [0,29-0,85]), alors que ceux ayant bénéficié du même traitement sans résolution de l’hyperthyroïdie avaient une augmentation du risque cardiovasculaire de 52% (HR 1,52 [1,01-2,28]).

Enfin, une diminution des concentrations en THS soutenue à un an après le diagnostic était associée à une augmentation de 55% de la mortalité indépendamment du traitement établi (HR 1,55 [1,08-2,24]).

Principales limitations

Des biais liés à la présence de facteurs confondants peuvent avoir subsisté comme dans toute étude rétrospective.