Maladie d’Alzheimer : les chaînes légères de neurofilaments, futurs marqueurs sériques ?

  • Mattsson N & al.
  • JAMA Neurol
  • 22 avr. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Une étude suédoise montre que les concentrations plasmatiques des chaînes légères de neurofilaments à l’inclusion, et leur évolution sur la durée, sont corrélées avec les marqueurs de la maladie d’Alzheimer (cognition globale, biomarqueurs du liquide céphalorachidien et données d’imagerie). Ils pourraient donc être utilisés comme un biomarqueur dynamique plus facilement accessible pour suivre l’évolution de la neurodégénérescence et l’effet des traitements.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Le suivi de l’évolution de la maladie d’Alzheimer n’est aujourd’hui possible que par l’imagerie volumétrique en IRM, le métabolisme du glucose des fibres Aß et des agrégats de protéine tau en TEP, ou encore grâce à des marqueurs du liquide céphalorachidien de la charge amyloïde (Aß42), de l’évolution de la tauopathie (protéine tau phosphorylée) ou de la neurodégénérescence (protéine tau totale). Mais ces examens sont pour certains invasifs, d’autres coûteux ou peu disponibles et des marqueurs plus facilement accessibles sont recherchés. Les chaînes légères de neurofilaments (NFl) plasmatiques sont depuis quelques temps envisagées comme biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer. Une équipe néerlandaise a donc suivi l’évolution des concentrations plasmatiques de ces neurofilaments sur la durée pour voir s’il existait une corrélation avec d’autres marqueurs au cours de l’évolution de la maladie. 

Méthodologie

Les données de 1583 sujets de 55 à 90 ans participant à l’étude multicentrique Alzheimer Disease Neuroimaging et disposant d’un suivi des NFl sur la durée (jusqu’à 11 ans) ont été inclus dans l’analyse. Il s’agissait de sujets présentant des troubles cognitifs légers (TCL), souffrant d’une démence Alzheimer (DA) ou de sujets contrôles sans atteinte cognitive.

Résultats 

  • Les patients souffrant de DA (45,9 ng/L ) et de TCL (37,9 ng/L) présentaient des taux de NFl plus élevés que les sujets indemnes de troubles cognitifs (32,1 ng/L ) à l’inclusion (p
  • Et au cours du suivi longitudinal, les taux de NFl ont également augmenté plus rapidement chez les sujets souffrant de TCL (2,7 ng/L/an) et davantage encore chez ceux atteints de DA (2,4 ng/L/an) par rapport aux sujets contrôles.
  • Des taux de NFl plasmatiques plus élevés étaient corrélés avec les marqueurs du liquide céphalo-rachidien à l’inclusion : avec des taux plus bas de Aß42, plus élevés de protéine tau totale et de protéine tau phosphorylée, ainsi qu’avec les résultats d’IRM (perte du volume de l’hippocampe et de l’épaisseur du cortex entorhinal, volumes ventriculaires plus importants, réduction du marquage au fluorodeoxyglucose en TEP), et des performances cognitives réduites. Et ces associations étaient plus importantes chez les sujets TCL.
  • Dans le système ATN (Aß, Protéine tau, neurodégénerescence), des taux plus élevés de NFl à l’inclusion étaient observés chez les sujets présentant une neurodégénérescence (A-T+N+, A+T-N+ et A+T+N+, p
  • Une augmentation plus rapide des taux de NFl dans le temps était aussi corrélée avec un accroissement plus rapide des marqueurs de neurodégénérescence neuronale dans le liquide céphalorachidien, à une atrophie cérébrale et à une dégradation du niveau de cognition globale accélérées chez les patients souffrant de troubles cognitifs légers.

Limitations

Absence d’imagerie tau-PET et Aß-PET. La quantification de la protéine tau et de Aß42 était uniquement basée sur les marqueurs du liquide céphalorachidien.