Maladie cœliaque : les régimes sans gluten ne seraient pas vraiment aussi exclusifs

  • Silvester JA & al.
  • Gastroenterology
  • 19 déc. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude utilisant des tests immunologiques permettant de détecter des traces de peptides immunogènes de gluten dans les aliments, les urines et les selles ont montré que malgré un régime sans gluten strictement respecté, 8% des patients souffrant de maladie cœliaque être involontairement exposés au gluten. La présence d’un taux d’anticorps anti-transglutaminases normal ne signerait pas l’absence de contact, puisqu’il a été retrouvé chez 64% des sujets exposés involontairement. Cependant, seuls deux tiers de patients ayant un test positif avaient une atrophie persistante des villosités intestinales.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Beaucoup de sujets atteints de maladie cœliaque ont une atrophie villositaire persistante malgré un régime sans gluten strict bien observé. Cette étude suggère que la quantité et la durée d’exposition au gluten sont des déterminants importants de l’atteinte histologique. Par ailleurs, un régime sans gluten strict bien observé, pourrait en réalité se traduire dans la vie quotidienne par un régime pauvre en gluten, ce qui expliquerait la persistance de symptômes chez certains patients. D’ailleurs, la définition « sans gluten » est obtenue à partir d’une norme internationale de

Méthodologie

Étude prospective longitudinale menée chez des patients ayant une maladie cœliaque confirmée. Les tests considérés ont utilisé des anticorps G12/A1 permettant de détecter de manière spécifique les peptides immunogènes du gluten reconnus par les cellules T. La recherche de ces anticorps a été réalisée durant 7 jours dans les aliments ingérés (un quart de toutes les portions alimentaires étaient mises de côté par les patients), et durant 10 jours dans les selles et les urines excrétées par les participants  de l’étude.

Principaux résultats

Au total, 18 patients (dont 12 femmes, âge médian 41 ans) ont terminé le protocole. Aucune exposition intentionnelle au gluten n’a été relevée. Ces patients étaient de bons observants au régime sans gluten, en atteste la diminution des taux médians d’IgA anti-transglutaminases de 9 à 0,6 fois la limite supérieure haute normale sur les 24 derniers mois. Malgré cela, 56% avaient une atrophie persistante des villosités intestinales.

Les analyses ont montré que 8% des échantillons alimentaires présentaient des peptides immunogènes du gluten à la concentration médiane de 11 ppm, 40% en contenant plus de 20 ppm et 20% plus de 200 ppm. Parallèlement, 6% des échantillons d’urines et 11% des échantillons de selles contenaient également des peptides immunogènes. La majorité des patients (64%) qui avaient un taux d’anticorps anti-transglutaminases normal avaient au moins un échantillon positif. Deux tiers de ceux qui avaient un échantillon positif avaient une atrophie villositaire persistante et deux tiers de ceux dont tous les échantillons étaient négatifs avaient un état de la muqueuse intestinale normal. 

Principales limitations

Étude menée sur un faible effectif de patients, et  une courte durée.