Maladie cardiovasculaire et cancer du sein

  • BMC Cancer

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir

Une étude montre que :

  • La moitié des individus diagnostiqués pour cancer du sein au stade III (UICC) présentaient un risque cardiovasculaire au moment du diagnostic du cancer.
  • Le risque d’évènement cardiovasculaire serait complexe car multi-factoriel, impliquant à la fois les antécédents cardiovasculaires du sujet, son profil (âge, IMC, tabagisme…), et les traitements du cancer du sein eux-mêmes.

Ces données mettent en évidence l’importance de stratifier le risque cardiovasculaire au moment du diagnostic de cancer du sein, afin de mettre en place des stratégies prophylactiques chez les sujets les plus à risque. Elles mettent également en lumière la nécessité de mener de plus amples études afin de pouvoir établir des recommandations pratiques qui à ce jour manquent aux cliniciens.

Méthodologie

Les dossiers médicaux de tous les cas de cancer du sein diagnostiqués entre 2010 et 2011 au centre hospitalier de Saint-Etienne ont été évalués de manière rétrospective. Le critère principal d’évaluation était les évènements cardiovaculaires (fibrillation atriale, thromboembolie veineuse, événement artériel ou cardiaque).

Principaux résultats

Au total les données de 682 patients ont été analysées (99,2% de femmes, âge moyen 62,1 ans au diagnostic, 15,7% de sujets obèses). Sur l’ensemble des sujets 2,2% avaient une maladie métastatique au moment du diagnostic et 11% une tumeur de stade III (UICC). Le carcinome canalaire infiltrant était de loin la présentation la plus fréquente (80,2%). Les récepteurs hormonaux positifs étaient retrouvés chez 82,8% des sujets et une surexpression HER-2 chez 11,4%. Concernant les traitements, 37,5% des cas avaient reçu une chimiothérapie adjuvante avant une radiothérapie. Pour 68,3% des sujets, le trastuzumab était précédé par un traitement par anthracyclines, et pour 8,8% d’entre eux, le trastuzumab avait été maintenu durant la radiothérapie.

Environ la moitié de la population avait un facteur de risque cardiovasculaire pré-existant, notamment du diabète (17,4%), de l’hypertension (73,8%), de l’hypercholestérolémie (35%). Au global, 3,2% des individus avaient des antécédents de fibrillation atriale. 

Les analyses ont révélé que durant les cinq années de suivi :

  • 5% (n=34) des sujets avaient eu au moins un événement cardiovasculaire (soit une incidence cumulée de 5,8%). 
  • Les complications thromboemboliques étaient les plus fréquentes parmi les atteintes cardiovasculaires.
  • L’incidence cumulée de la fibrillation atriale était de 1,1%. Le délai moyen entre le diagnostic de cancer et la survenue de cet événement était de 3,6 ans.
  • Les facteurs associés à une augmentation du risque d’événement cardiovasculaire étaient une tumeur de stade III (UICC) ou plus (HR 5,47, p
  • La plupart des évènements cardiovasculaires survenaient durant la première année post-diagnostic, puis entre la 4eet la 5eannée. 

Limitations

Des informations peuvent manquer du fait du caractère rétrospectif de l’étude. Par ailleurs le trop faible nombre d’évènements cardiovasculaires n’a pas permis de mener des analyses multivariées. Et les données concernant les traitements sont insuffisantes pour tirer des conclusions. Cette étude doit être considérée comme une étude préliminaire appelant à la réalisation d’autres études de plus large envergure afin d’apporter des informations plus robustes.