Maladie à virus Ebola : de la transmission au vaccin

  • 1 juil. 2020

  • Marie Torre
  • Actualités Médicales
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Si la maladie à virus Ebola (MVE) est souvent mortelle, plusieurs vaccins sont aujourd’hui disponibles dans le monde, dont un approuvé en Europe pour les professionnels de santé à risque. (1,2)

 

Une maladie contagieuse, souvent mortelle

Le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 au Soudan. Depuis, il est responsable d’une vingtaine d’épisodes épidémiques, principalement au Soudan, en République Démocratique du Congo et au Gabon. (2) La possibilité de survenue en France d’un cas de MVE importé, devenant symptomatique dans les trois semaines après un retour d’Afrique, est faible mais ne peut être exclue. (3)

Le virus Ebola appartient à la famille des filoviridés et présente cinq sous-types distincts, dont l’ebolavirus Zaïre responsable des cas les plus sévères. (1,2) Le virus est naturellement présent dans les forêts d'Afrique tropicale et se transmet à l’Homme à partir des animaux sauvages (viande de brousse par exemple). (1,3) La transmission interhumaine se fait par contact direct avec :

  • Les fluides corporels de personnes infectées (salive, sang, sperme, lait maternel, sueur, vomis, urine, selles…),
  • Le corps des personnes malades décédées ou
  • Les surfaces contaminées (aiguille, matériel chirurgical...). (1,3)

Le virus pénètre par une lésion cutanée ou une muqueuse sans lésion (bouche, œil, organes génitaux). (4)

La contagiosité débute avec les symptômes : aucune mesure d’éviction n’est nécessaire tant qu’il n’y a pas de symptôme. (3) Si le risque de transmission est faible dans la phase initiale, il augmente lorsque la maladie s’aggrave. (1,3) La majorité des personnes infectées appartient au foyer familial ou à l’équipe soignante des patients. (1)

Après une incubation de 2 à 21 jours (8 jours en moyenne), la MVE débute par un syndrome pseudo-grippal. (1,3) Les signes cutanéo-muqueux (odynophagie, conjonctivite, exanthème maculeux ou maculo-papuleux) et digestifs (diarrhée, vomissements) apparaissent en 3-4 jours. Puis, des hémorragies internes ou externes peuvent survenir et sont localisées (hémorragies conjonctivales) ou profuses (hématémèse et méléna).

La létalité de la MVE est de 25 % à 90 % en fonction du sous-type viral et du contexte épidémique. (1) Pour les formes hémorragiques, le décès survient dans 80 % des cas en moyenne 8 jours après l’apparition de la fièvre. (3)

Le diagnostic différentiel avec d’autres maladies infectieuses (paludisme, fièvre typhoïde, méningite) peut s’avérer difficile. En France, le diagnostic biologique de MVE par sérologie (détection des IgM ou IgG spécifiques) ou RT-PCR de l’ARN viral relève du seul « Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales ». (1,2)

 

Un premier vaccin autorisé en Europe

Actuellement, nous ne disposons pas de traitement spécifique homologué de la MVE, mais la réhydratation et les traitements symptomatiques améliorent la survie. Plusieurs traitements curatifs et vaccins sont en cours de développement. (1)

Un premier vaccin préventif de la MVE liée au virus Ebola Zaïre a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne conditionnelle chez l’adulte. (2) Il s’agit d’un vaccin vivant atténué et recombinant : il est constitué du virus de la stomatite vésiculaire (VSV) dont le gène de la glycoprotéine d’enveloppe a été substitué par celui du virus Ebola Zaïre. Ce vaccin doit être conservé entre -80 et -60°C.  A noter, deux vaccins hétérologues administrés à 56 jours d'intervalle (stratégie prime-boost) viennent d'obtenir une AMM européenne et deux autres vaccins sont également autorisés hors de l'Union Européenne (en Russie et Chine). (2, 5)

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) préconise de vacciner les professionnels de santé :

  • Se rendant dans une zone épidémique (en fonction du niveau d’exposition) ou
  • Susceptibles de prendre en charge un cas de MVE en France, notamment ceux en contact direct avec le patient ou leurs produits biologiques. (1)