Lymphomes associés aux implants mammaires : quelles prothèses sont les plus à risque ? Faut-il les explanter ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités des médicaments
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Depuis 2011, l’ANSM (Agence nationale du médicament et des produits de santé) a mené de nombreuses investigations concernant le risque d’apparition de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés aux implants mammaires (LAGC-AIM). Elle estime aujourd’hui que la texturation de certains implants macrotexturés et de ceux dont la surface est recouverte de polyuréthane constitue un facteur de risque dans l’apparition de ces hémopathies malignes. C’est pourquoi, par mesure de précaution, l’ANSM décide de retirer du marché ce type d’implants. La liste des produits concernés par cette décision est disponible sur le site de l’ANSM.

Que dire à vos patientes porteuses de tels implants mammaires ?

Si le risque de LAGC-AIM est grave, il est cependant rare : 59 cas déclarés en France depuis 2011 sachant qu’en 2017, environ 400 000 femmes étaient porteuses d’implants mammaires. C’est pourquoi l’ANSM ne recommande pas d’explantation préventive pour les femmes porteuses d’implants macrotexturés et implants à surface recouverte de polyuréthane. Celles-ci peuvent obtenir des réponses à leurs questions en vous consultant ou en appelant le numéro vert 0.800.71.02.35.

Face à des signes fonctionnels ou physiques (épanchement péri-prothétique abondant, augmentation de volume, douleur, inflammation, masse, ulcération, altération de l’état général) survenant notamment à distance de la phase post-opératoire, le diagnostic de LAGC-AIM doit être évoqué.

Pour les femmes porteuses d’un implant mammaire et sans signe clinique au niveau des seins, le groupe d’experts préconise le suivi habituel : examen clinique des seins annuel et exploration radiologique éventuelle adaptée.

Que dire à vos patientes avant la pose d’implants mammaires ?

Les femmes souhaitant une pose d’implants mammaires doivent pouvoir discuter, avec leur chirurgien, des avantages et inconvénients des différents implants disponibles et des techniques alternatives en chirurgie esthétique ou en reconstruction après un cancer du sein. L’ANSM rappelle sa recommandation d’utiliser de préférence des implants mammaires lisses.

Un document mentionnant l’identification de la surface de l’implant (lisse, microtexturée…), sa durée de vie limitée et l’éventuelle nécessité d’une ré-intervention qui en découle ainsi que le suivi médical, doit être remis à toutes les femmes avant la pose d’implants mammaires.