Lymphœdème sous sirolimus : une complication possible chez les patients transplantés

  • Fourgeaud C & al.
  • Rev Med Interne
  • 1 mars 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’analyse d’une série de cas survenus au sein du centre national de référence des maladies vasculaires rares à Paris, montre que des lymphœdèmes peuvent survenir chez les patients transplantés sous sirolimus, une complication rare qui pourrait être liée à un effet de classe (inhibiteurs de mTOR). Ils sont le plus souvent localisés au niveau des membres et des extrémités, mais peuvent aussi concerner le thorax, ou le sein. Les prescripteurs doivent donc se montrer attentifs à la présence d’un signe de Stemmer positif  (pathognomonique du lymphœdème du membre inférieur) de façon à pouvoir diagnostiquer et intervenir précocement, avant la survenue de lésions irréversibles du système lymphatique.Le traitement est avant tout symptomatique et repose sur une compression élastique de classe 3 et des bandages peu élastiques pour réduire le volume.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Le sirolimus est un immunosuppresseur (inhibiteur de mTOR) utilisé dans la prévention des rejets de greffe. Le lymphœdème des membres est une complication rare pouvant être associée à son usage. Dans une série de cas vus au sein de l’unité de lymphologie du centre national de référence des maladies vasculaires rares à Paris, les caractéristiques de ces lymphœdèmes ont été analysées.

Méthodologie

Cette étude rétrospective a recueilli les données de tous les cas de lymphœdème survenus sous sirolimus entre janvier 2008 et septembre 2017. La densité des ganglions lymphatiques dans les régions axillaires et inguinales a été analysée par scintigraphie.

Résultats 

  • Quinze cas de lymphœdème sous sirolimus ont été enregistrés durant la période étudiée et ont fait l’objet d’une déclaration de pharmacovigilance  (7 hommes, 8 femmes, âge moyen 56 ans).
  • Ces patients avaient bénéficié d’une greffe rénale, hépatique ou avaient eu une lymphagioméiomyomatose pulmonaire et prenaient du sirolimus à la dose moyenne de 1,8 mg/j.
  • Le lymphœdème est apparu avec un délai médian de 52 semaines sous traitement. Il concernait les membres supérieurs, inférieurs ou les deux, dans leur totalité ou seulement dans leur partie distale. Des localisations atypiques ont été observées chez deux patients : hémithorax pour l’un et sein pour l’autre. Les auteurs indiquent que des lymphœdèmes généralisés, ou affectant le sein, ont été décrits dans la littérature.
  • La lymphoscintigraphie réalisée chez 7 patients a retrouvé une absence ou une diminution de la fixation axillaire ou inguinale du radiotraceur par rapport au côté controlatéral.
  • Dans cette série, aucune amélioration n’a été observée à l’arrêt du traitement (7 patients) avec 12 mois de recul, mais des régressions ou même des disparitions complètes ont été décrites par ailleurs.
  • La prise en charge comportait dans tous les cas une compression élastique de classe 3 et des bandages peu élastiques (9 patients). Certains patients ont dû être hospitalisés pour recevoir une physiothérapie décongestive visant à réduire le volume du lymphœdème et qui comprenait des bandages peu élastiques et un programme d’éducation thérapeutique (7 patients).