Lutte contre la résistance aux antibiotiques : quelles sont les stratégies politiques utilisées à travers le monde ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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De nombreux pays ont développé des plans d’action pour lutter contre la résistance aux antibiotiques, mais la plupart n’ont pas encore fait intervenir les pouvoirs publics pour réduire l’utilisation excessive de ces médicaments.

Une revue de la littérature a identifié, à partir de 7 bases de données, 69 études ayant évalué des interventions politiques des gouvernements pour réduire l’utilisation des antibiotiques (n=67) et des antipaludéens (n=2) à travers le monde (Amérique, Pacifique Ouest, Europe et Afrique). Quatre études étaient contrôlées randomisées et 35 utilisaient une méthodologie rigoureuse quasi-expérimentale tandis que les 30 autres études utilisaient des méthodologies non contrôlées et descriptives.

A partir de cette revue, il a été identifié 17 types de politiques utilisées par les gouvernements pour s’attaquer à ce problème majeur de la résistance aux antibiotiques chez l’Homme. Les stratégies les plus couramment utilisées sont les campagnes de sensibilisation du public et/ou des professionnels de santé au problème de la résistance et de la surconsommation d’antibiotiques, ainsi que la mise en place de recommandations permettant d’informer les professionnels de santé sur la bonne utilisation des antibiotiques et sur les molécules à utiliser de préférence en cas de résistance. D’autres stratégies proposent des options politiques différentes telles qu’une réglementation professionnelle, un remboursement restreint, une rémunération aux résultats et la nécessité d’une prescription médicale lorsque ce n’était pas déjà le cas. Identifier ces différentes stratégies peut aider au développement de futures politiques et à leurs évaluations dans des contextes et des systèmes de santé différents.

Ces résultats suggèrent que les gouvernements disposent d’une variété d’options politiques pour répondre à la menace grandissante de la résistance aux antibiotiques. Malheureusement, la plupart des options disponibles n’ont pas été évaluées rigoureusement, ce qui limite leur utilité pour prévoir les futures interventions politiques.   

A l’avenir, les gouvernements devraient s’assurer que les interventions politiques concernant la résistance aux antibiotiques soient évaluées en utilisant des études avec une méthodologie rigoureuse et que les résultats soient publiés.