Lupus érythémateux systémique : preuve de concept pour l’omalizumab

  • Hasni S & al.
  • 29 déc. 2018

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une première étude de phase 1b, un traitement par omalizumab pourrait être bien toléré et efficace dans le traitement du lupus érythémateux systémique (LES) : en effet, les sujets traités durant 16 ou de 32 semaines présentaient une activité de la maladie (score SLEDAI 2K) réduite par rapport au placebo. Cet essai a aussi permis d’observer que l’omalizumab réduit le niveau d’expression des gènes induits par l’IFN.

  • Le traitement apparaît globalement bien toléré. Seul un cas d’embolie pulmonaire, observé parmi les sujets traités et possiblement lié au traitement, attire l’attention et devra faire l’objet d’investigations. Par ailleurs, le faible effectif de l’étude pourrait expliquer l’absence de significativité des autres mesures de l’efficacité du traitement (BILAG 2004, PGA). Une nouvelle étude de plus large ampleur est donc nécessaire pour confirmer ces observations.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le rôle des IgE anti-ADN dans la physiopathologie du LES est aujourd’hui mieux décrit. Ces auto-anticorps seraient présents chez près de 70% des patients et incitent à envisager une approche ciblée via l’omalizumab, l’anticorps monoclonal, qui offrirait une alternative aux immunosuppresseurs utilisés traditionnellement.

Méthodologie

L’étude a été menée en 3 phases : 16 patients ont été randomisés entre l’omalizumab SC (n=10) (600 mg en dose de charge puis 300 mg/4 semaines) et le placebo (n=6) durant 16 semaines. Ensuite, l’étude a été conduite en ouvert et a permis à tous les sujets de recevoir le traitement durant 16 semaines. Enfin, les patients ont été surveillés durant 4 semaines après l’arrêt du traitement.

Principaux résultats

  • L’omalizumab a été bien toléré : au total, 52 évènements indésirables (EI) sont survenus chez 15 patients au cours des 36 semaines. La plupart (94,2%) étaient légers ou modérés.

  • Trois EI classés comme graves sont survenus au cours de l'étude : 1 douleur thoracique sous placebo, et 1 cas de varicelle dans le groupe omalizumab. Enfin, durant la phase 2 de l’étude, 1 cas d’embolie pulmonaire chez un sujet initialement sous placebo.

  • Sur le plan de l’efficacité, le score SLEDAI 2K était amélioré dans le groupe omalizumab vs placebo (p = 0,038), ainsi qu’à l’issue de la semaine 32. Les sujets initialement sous placebo présentaient également une amélioration du scores SLEDAI 2K durant la phase 2 de l’étude. La réduction moyenne du score sous traitement n’était cependant pas cliniquement significative.

  • Une tendance à l'aggravation était observée entre les semaines 0 et 4 de la période de surveillance sans traitement. Le niveau d’expression des gènes induits par l’IFN était réduit sous traitement au cours des 16 semaines, et ce d’autant plus que les sujets présentaient un niveau initial élevé.