Lubrizol : des analyses rassurantes, mais à poursuivre


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019, un incendie se déclenchait sur un site industriel classé « Seveso haut risque » (classement suivant la directive européenne dite “Seveso” imposant aux États membres d’identifier les sites industriels ayant un risque majeur d’accident), dans la zone périurbaine de Rouen. Le site de l’usine chimique Lubrizol étant proche, il a également été impliqué. Le feu a été  maîtrisé le 28 septembre, mais un panache de fumée s’était élevé à une forte hauteur et avait ensuite poursuivi une trajectoire Nord-Est, avec des retombées à forte distance, jusqu’à 100 kms. Le 2 octobre, la Direction générale de l’alimentation (DGAL, dépendant du Ministère de l’Agriculture) demandait à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) d’évaluer les risques alimentaires liés à l’incendie, le nuage étant passé au-dessus de nombreuses zones agricoles.

L’agence a déjà émis quatre avis sur le sujet (4, 11, 16 et 18 octobre), en se basant notamment sur la modélisation cartographique des retombées du panache de fumée effectuée par l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques). Les contaminations alimentaires peuvent se produire via l’accumulation et la migration de substances par les eaux, les sols et les végétaux, qui sont ingérés par les animaux et par l’Homme. Jusqu’au 18 octobre, l’Anses a effectué 606 prélèvements sur des productions alimentaires, notamment les œufs, les produits laitiers, les légumes et les aliments destinés aux animaux. 

Leur analyse n’a pas montré de corrélation entre l’intensité des dépôts de suie et les concentrations des contaminants analysées dans les prélèvements, à l’exception d’une tendance pour les dioxines, furanes et polychlorobiphényles dans les œufs.

L’Agence préconise cependant de poursuivre la surveillance, notamment par la mesure de la contamination des sols et par la recherche des contaminants dans différentes familles d’aliments : végétaux pour les animaux et l’Homme, lait, viandes, œufs issus d’élevage en plein air, poissons d’élevage, miel, aliments pour le bétail stockés en plein air et herbe de pâture. Cette surveillance devrait s’exercer pendant un an et porter préférentiellement sur les productions agricoles végétales cultivées en plein champ et les productions issues des animaux élevés en plein air.

Pour l’Agence, « la compilation de l’ensemble des données permettra d’identifier les contaminations liées au panache de fumée de l’incendie et ainsi d’orienter les différentes actions de suivi de l’exposition des populations. »