Lombalgies chroniques : bénéfices et risques de la manipulation de la colonne vertébrale

  • Rubinstein SM & al.
  • BMJ
  • 13 mars 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une méta-analyse montrent que la technique de manipulation et mobilisation du bas du dos chez l’adulte apporterait un effet assez similaire aux traitements recommandés sur le soulagement de la douleur des lombalgies chroniques, et semblerait plus efficace que ces derniers la fonctionnalité à court terme. Les résultats obtenus par rapport aux traitements non recommandés montrent un bénéfice en faveur de la manipulation et mobilisation du bas du dos. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

De nombreux essais randomisés, d’ampleur et de qualité méthodologique très diverses ont évalué les bénéfices et les risques associés au traitement des lombalgies chroniques par manipulation de la colonne. Ce traitement n’est pas actuellement recommandé en première intention et à vrai dire ses bénéfices ne sont pas très clairs non plus. D’où l’intérêt de cette méta-analyse qui évalue ce traitement au regard d’autres traitements des lombalgies chroniques recommandés et non recommandés. 

Méthodologie

Cette méta-analyse a été réalisée à partir de la sélection de 47 études randomisées et contrôlées publiées jusqu’au 4 mai 2018 et incluant un total de 9.211 sujets. Toutes les études pertinentes comparant la thérapie de manipulation et de mobilisation de la colonne vertébrale à des thérapies recommandées, non recommandées (massages, électrothérapie, …) ou à des simulations de manipulation de la colonne vertébrale ont été considérées. Le soulagement de la douleur et l’amélioration de la mobilité du bas du dos ont été évaluées à 1, 6 et 12 mois. 

Principaux résultats

L’âge moyen de l’ensemble des populations incluses variait entre 35 et 60 ans. La plupart des études ont comparé le traitement par manipulation de la colonne à des traitements recommandés. Seules les études dont les patients éligibles étaient des adultes et dont plus de 50% avaient des douleurs durant plus de 3 mois ont été considérées. Les études évaluant la combinaison de la manipulation de la colonne associée à un traitement (comme l’exercice par exemple) ont été exclues.

  • Concernant le soulagement de la douleur, les analyses suggèrent que la manipulation du bas du dos aurait un effet légèrement supérieur aux autres traitements recommandés à moyen terme (6 mois), mais similaire à d’autres traitements recommandés à court terme (1 mois) et long terme (12 mois), (niveau de preuve modéré, taille d’effet non cliniquement pertinent). 
  • Par rapport aux autres traitement non recommandés, les analyses ont suggéré que la manipulation du bas du dos serait associée à un soulagement significativement plus important mais sans différence cliniquement pertinente à 6 mois (niveau de preuve élevé). 
  • Pour l’amélioration de la fonctionnalité du bas du dos, la manipulation et mobilisation de la colonne vertébrale serait associée à un effet légèrement supérieur et cliniquement pertinent à court terme seulement par rapport aux traitements recommandés (niveau de preuve modéré).
  • La comparaison aux autres traitements non recommandés suggère que la manipulation du bas du dos serait associée à une amélioration faible à modérée statistiquement et cliniquement pertinente de la fonctionnalité du bas du dos à un mois (niveau élevé de preuve).

Les auteurs de cette méta-analyse précisent que face au peu de preuves sur les risques associés à la manipulation de la colonne et à la faible qualité qui leur est associée, il convient de considérer ces résultats comme incertains.

Environ la moitié des études ont évalué la survenue d’évènements indésirables de manière globale et plus spécifiquement les plus graves d’entre eux, mais dans la plupart il est difficile de savoir si tous ces évènements ont réellement été enregistrés de manière systématique. Les évènements indésirables les plus souvent rapportés était d’ordre musculosquelettique, de nature temporaire et de sévérité faible à modérée.

Principales limitations

Peu d’études présentaient un faible risque de biais et les études incluses se sont révélées très hétérogènes.