Loin de le favoriser, la caféine pourrait réduire le risque d’arythmie

  • Kim EJ & al.
  • JAMA Intern Med

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une étude de cohorte prospective avec randomisation mendélienne, une consommation accrue de café est associée à un risque plus faible d'arythmie, sans influence apparente des différences génétiques relatives au métabolisme de la caféine.

 

S’il est historiquement admis que la caféine favorise la survenue d’arythmie, les données les plus récentes sont peu probantes et suggèrent une absence de lien. Afin de le vérifier, une équipe américaine a exploité les données de l’étude prospective longitudinale UK Biobank portant sur plus de 500.000 participants afin d’évaluer l'association entre la consommation autodéclarée de caféine et l’incidence d’une arythmie dans le dossier médical, selon une méthode de randomisation mendélienne. Les chercheurs ont identifié les variants génétiques relatifs au cytochrome CYP1A2 impliqué dans plus de 95% du métabolisme de la caféine.

Principaux résultats

Les données de 386.258 participants sans antécédent d’arythmie rapporté ont été exploitées (56 ans en moyenne, 52,3% de femmes). Au cours de leur suivi, tous avaient répondu à des auto-questionnaires indiquant leur consommation journalière de café et sa nature (décaféiné ou non). Durant un suivi moyen de 4,5 ans, 16.369 arythmies incidentes étaient rapportées dans leur dossier médical, majoritairement des fibrillations atriales et dans une moindre mesure, des tachycardies supraventriculaires.

L’analyse multivariée après ajustement sur de nombreux paramètres sociodémographiques et cliniques (âge, sexe, comorbidités, niveau d’éducation, consommation de thé, tabac et alcool, activité physique…) suggère que chaque tasse de café consommée réduit le risque d’arythmie de 3% ([0,96-0,98], p<0,001), le chiffre étant identique pour les différentes typologies d’arythmies prises individuellement. Par ailleurs, les chercheurs n’ont pas observé d’influence du score polygénique, reflétant la vitesse du métabolisme de la caféine? selon les variants génétiques associés à ce métabolisme.

Enfin, les chercheurs ont conduit une analyse de sensibilité pour étudier cette même relation chez les personnes ayant déjà des antécédents d’arythmie avant le début du suivi : les conclusions des chercheurs étaient identiques (-7% pour chaque tasse supplémentaire [0,90-0,96]).

Les auteurs établissent quelques hypothèses concernant les mécanismes biologiques pouvant expliquer cette constatation. Ils soulignent que l'auto-déclaration peut constituer une limitation notable à cette étude. Par ailleurs, ils insistent en remarquant que cette observation à l’échelle d’une population n’est pas incompatible avec le fait que, sur un plan individuel, la caféine puisse favoriser des arythmies chez certains. D’autres gènes, dont ceux influençant le risque d’arythmie, pourraient aussi être impliqués.