Liraglutide : la diminution du risque cardiovasculaire est-elle confirmée en vie réelle ?

  • Svanström H & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 1 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Que sait-on déjà sur le sujet ?

À travers l’essai clinique LEADER, le liraglutide, un agoniste des récepteurs au GLP-1 avait démontré qu’il réduisait significativement le risque d’évènements cardiovasculaires majeurs chez les patients traités pour DT2 et ayant une maladie cardiovasculaire établie ou à haut risque cardiovasculaire.

Qu’apporte cette étude ?

Elle complète les résultats de sécurité cardiovasculaire du liraglutide en pratique clinique courante, c’est-à-dire non seulement en prévention cardiovasculaire secondaire ou chez les patients à haut risque cardiovasculaire (population de l’étude LEADER), mais également plus largement chez tout patient DT2 traité par agoniste des récepteurs du GLP-1. Pour cela les données de registres nationaux de santé danois et suédois ont été étudiées entre janvier 2010 et décembre 2016. L’incidence des évènements sous liraglutide a été comparée à celle sous inhibiteur de la dipeptidyl peptidase (iDPP-4), sachant que l’ensemble des sujets était également traité par metformine à l’inclusion. Les premiers ont été appariés en fonction de l’âge et du sexe avec les seconds. Au total, 23.402 patients sous liraglutide et autant sous iDPP-4 ont été suivis sur une durée moyenne de 3,3 ans.

Résultats :

  • L’incidence des évènements cardiovasculaires majeurs (IDM, AVC, décès d’origine cardiovasculaire) serait plus faible de 10% sous liraglutide versus iDPP-4 (hazard ratio (HR) 0,90 [0,83-0,98], 14,0/1.000 personnes-années versus 15,4/1.000 personnes-années). En termes de risque absolu, cela correspondait à une diminution de 5 évènements/1.000 patients suivis durant 3 ans.
  • Chez les sujets qui avaient des antécédents de maladie cardiovasculaire, le risque d’événement cardiovasculaire majeur était réduit de 19% sous liraglutide versus iDPP-4 (29,9/1.000 versus 36,5/1.000 personnes-années) et de seulement 4% pour le même comparatif (NS, 10,4/1.000 versus 10.7/1.000 personnes-années) chez ceux qui n’avaient pas ces antécédents.
  • La décomposition du critère composite principal d’évaluation montrait une diminution significative du risque de mortalité cardiovasculaire sous liraglutide versus iDPP-4 (-22%), en revanche aucune différence significative n’a été identifiée vis-à-vis du risque d’IDM ou d’AVC.
  • Enfin, le liraglutide a également été associé à une diminution du risque de décès toute cause confondue (-17%), mais le risque d’insuffisance cardiaque n’était pas différent quant à lui entre les deux groupes.

Ainsi, le liraglutide serait associé à un risque d’évènements cardiovasculaires majeurs plus faible que sous iDPP-4, et les patients ayant des antécédents de maladie cardiovasculaire en seraient les plus grands bénéficiaires en routine. 

Impact en pratique

Ces données sont cohérentes avec la « Prise de position de la Société Francophone du Diabète (SFD) » d’octobre 20171, mentionnant « pour les patients en prévention cardiovasculaire secondaire, dont le phénotype clinique et biologique justifie la prescription d’un traitement par GLP-1 RA, le liraglutide doit être privilégié, en raison de son bénéfice cardiovasculaire démontré dans l’étude LEADER dans cette situation ».

Principales limitations

L’exposition aux traitements a été évaluée sur la base des prescriptions réalisées et non sur les médicaments réellement administrés. 

Financement

Étude financée par la Swedish Heart-Lung Foundation, Novo Nordisk Foundation, and Swedish Society for Medical Research.